La pub qui rend fou

Publié le par François Ihuel

 

Le matraquage publicitaire est à égalité

avec le matraquage politique

 

La queue du progrès — Paris, XXIᵉ siècle.

La queue du progrès — Paris, XXIᵉ siècle.

La queue du progrès

À force de matraquer le peuple de taxes, de PV, d’amendes, d’impôts et de sermons, on finit par le rendre dépendant des miettes qu’on lui jette.

Alors, quand un magasin ouvre en promettant la mode à trois sous, tout le monde se rue, comme si c’était une revanche sur la misère. Mais ce n’est pas une revanche — c’est une résignation.

On confond la liberté d’acheter avec la liberté de vivre. On se console d’être pressés comme des citrons en achetant un tee-shirt à 4 euros, fabriqué par un autre esclave, à l’autre bout du monde.

C’est ça, le progrès : une file d’attente bien rangée devant la vitrine d’une dépendance collective.

Ces images rappellent tristement les conditions de vie de la guerre 1939/1945, la queue devant les boutiques : par manque. Là, pas de manque, juste de l'excédent venu d'ailleurs. Les seuls réels manques ce sont les moyens de vivre correctement. L'État français paupérise le peuple qui pourtant à mis en place ceux qui le laminent.

Pire encore, ce que ce peuple n'acceptait pas, il n'y a encore que cinquante ans, est devenu la norme et l'acceptation soumise.

Pauvre France.

 

La pub qui rend fou

Rien n’est éternel, sauf la connerie humaine

La persuasion des masses est devenue un art moderne, il suffit d’annoncer une “super lune” pour que des millions de gens lèvent les yeux au ciel, persuadés qu’elle est plus grosse que d’habitude. En réalité, la différence est à peine visible : ce n’est pas la lune qui change, c’est le cerveau qu’on influence. On nous dit quoi regarder, alors on regarde. On nous dit quoi penser, alors on pense pareil.

Le même mécanisme gouverne la publicité. Plus un seul site marchand ne fonctionne sans en imposer. Les journaux accrochent le lecteur avec des titres appétissants, mais il faut “payer un euro” pour lire la suite. L’information libre s’est dissoute dans le marketing déguisé.

Pendant que nous cliquons, d’autres enregistrent, trient et revendent nos traces numériques comme des marchandises. C’est pour cela que, désormais, quand je veux acheter quelque chose, je passe par ChatGPT : pas de pub, pas de traque, pas de “promotion flash” qui m’agresse. Juste un échange humain, sans bruit ni appât.

Mais le sommet de la folie, c’est sans doute le commerce chinois de masse — sujet précédent —, comme Shein : des millions de vêtements jetables produits dans des conditions douteuses, pour remplir des armoires déjà pleines. On croit faire une affaire, mais on achète du vent — du jetable émotionnel. Ce modèle ne vend pas des habits, il vend l’illusion d’exister à travers un clic. Et pendant que le consommateur s’auto-hypnotise devant son panier, la planète, elle, s’épuise.

Nous sommes devenus les rats de laboratoire du commerce numérique, courant dans la roue des “bons plans” jusqu’à la perte du bon sens. Et quand on parle de “polluants éternels”, on oublie le principal :
rien n’est éternel, sauf la connerie humaine.

La pub qui rend fou

Le monde de l’abstrait et des apparences

Nous vivons dans un monde où tout s’efface derrière sa propre image. Les choses ne sont plus vécues, elles sont représentées. On ne parle plus, on commente. On ne regarde plus, on observe à travers des filtres. On ne ressent plus, on analyse.

L’abstrait a remplacé la matière, et l’apparence, la présence. On salue des silhouettes, on aime des reflets, on s’attache à des pixels plus qu’à des âmes.

Les hommes ont troqué la chaleur d’une main pour la lumière froide d’un écran. Et dans ce monde qui se croit connecté, plus personne ne se touche vraiment.

Le réel devient gênant parce qu’il respire, parce qu’il sent, parce qu’il échappe. Alors on le contourne, on le réduit, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une illusion confortable.

Mais l’abstrait ne nourrit pas, et l’apparence ne sauve personne. 

Un jour, il faudra bien que l’humanité redescende sur Terre — là où les cœurs battent encore.

Le matraquage médiatique et télévisuel a créé des fantômes qui croient aux autres fantômes.

Le monde des apparences, c'est le monde de la descente aux enfers.

Bonne journée à tous.

 

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