Internet : les enfants en danger
Une loi indispensable, hélas sanctionnée
Les loups ne sont pas toujours visibles
On nous explique aujourd’hui qu’un ordinateur, une tablette ou un téléphone peut servir à apprendre et à communiquer. C’est vrai. Mais comment faisions-nous avant ?
Nous lisions, nous observions, nous posions des questions, nous jouions dehors et nous apprenions autrement.
Ce qui m’inquiète aujourd’hui, ce n’est pas la technologie elle-même, mais l’accès très précoce des enfants aux réseaux sociaux, aux messageries et à certains jeux connectés.
Un enfant de huit ou dix ans peut parfaitement savoir utiliser un téléphone sans être capable de comprendre qui se cache derrière un pseudonyme. Un autre enfant ? Un adolescent ? Un adulte ? Il n’en sait rien. Et c’est là le danger.
Autrefois, un individu mal intentionné devait être physiquement présent pour approcher un enfant. Aujourd’hui, il peut être à des centaines de kilomètres et entrer directement dans sa vie par l’intermédiaire d’un écran.
Les réseaux sociaux ne sont pas les seuls concernés : certains jeux permettent eux aussi de discuter avec des inconnus et de créer peu à peu une relation de confiance. Un enfant peut alors donner son prénom, son âge, parler de son école ou de l’endroit où il habite sans comprendre ce qu’il révèle.
Je trouve donc inquiétant que l’on considère presque normal qu’un enfant très jeune possède son propre téléphone, ses applications et sa vie numérique personnelle.
Il ne s’agit pas de rejeter toute technologie, mais de se demander à quel âge et dans quelles conditions nous ouvrons ces portes. Car un téléphone connecté, une messagerie ou un jeu en ligne ne sont pas seulement des outils : ce sont aussi des portes ouvertes vers l’extérieur.
Et lorsqu’on ouvre une porte dans la vie d’un enfant, il faudrait au minimum savoir qui peut entrer.
Décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026
Loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation des réseaux sociaux
https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/2026911DC.htm
Conseil Constitutionnel avalisant la gauche
Pour qui roule LFI ?
Il convient d’abord de distinguer les députés signataires des saisines des membres du Conseil constitutionnel ayant rendu la décision.
Les signataires sont les parlementaires qui ont demandé au Conseil constitutionnel de contrôler la conformité de la loi à la Constitution. Leur recours visait notamment l’article prévoyant une interdiction générale d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de quinze ans.
Ils estimaient qu’une telle mesure pouvait porter une atteinte excessive à la liberté d’expression et de communication des mineurs. Le Conseil constitutionnel a finalement censuré cette interdiction générale, tout en reconnaissant que la protection des enfants face aux risques liés aux réseaux sociaux constituait un objectif légitime.
La difficulté réside donc dans l’équilibre entre deux principes : protéger les mineurs contre le harcèlement, les contenus inadaptés ou les adultes mal intentionnés, tout en évitant une interdiction jugée trop large ou insuffisamment proportionnée.
Cette décision soulève néanmoins une question politique importante : jusqu’où doit aller la protection des enfants lorsque les outils numériques permettent aujourd’hui à des inconnus d’entrer très facilement en contact avec eux, parfois à des centaines de kilomètres de distance ?
La liberté d’expression est un principe fondamental, mais son application aux très jeunes mineurs pose nécessairement la question de leur capacité à mesurer les risques auxquels ils peuvent être exposés.
La première saisine : il s’agit du groupe LFI-NFP, qui compte actuellement 71 députés. Parmi les signataires figurent notamment Mathilde Panot, Nadège Abomangoli, Laurent Alexandre, Gabriel Amard, Ségolène Amiot, Farida Amrani, Rodrigo Arenas, Raphaël Arnault, Anaïs Belouassa-Cherifi, Shéhérazade Bentorki, Ugo Bernalicis, Christophe Bex, Carlos Martens Bilongo, Manuel Bompard, Idir Boumertit, Louis Boyard, Pierre-Yves Cadalen, Aymeric Caron, Sylvain Carrière, Gabrielle Cathala, Bérenger Cernon, Sophia Chikirou, Hadrien Clouet, Éric Coquerel, Jean-François Coulomme, Sébastien Delogu, Aly Diouara, Alma Dufour, Karen Erodi, Mathilde Feld, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Perceval Gaillard, Clémence Guetté, Zahia Hamdane, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Bastien Lachaud, Abdelkader Lahmar, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Aurélien Le Coq, Antoine Léaument, Élise Leboucher, Jérôme Legavre, Sarah Legrain, Claire Lejeune, Murielle Lepvraud, Élisa Martin, Damien Maudet, Marianne Maximi, Marie Mesmeur, Manon Meunier, Jean-Philippe Nilor, Sandrine Nosbé, Danièle Obono, Nathalie Oziol, René Pilato, François Piquemal, Thomas Portes, Loïc Prud’homme, Jean-Hugues Ratenon, Arnaud Saint-Martin, Aurélien Saintoul, Ersilia Soudais, Anne Stambach-Terrenoir, Aurélien Taché, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, Aurélie Trouvé et Paul Vannier. La liste officielle du groupe correspond à 71 députés.
Groupe socialiste, écologiste
Lorsqu’une opposition devient systématique, au point de combattre une mesure simplement parce qu’elle vient du camp adverse, elle peut finir par produire des conséquences contraires à l’intérêt général.
Dans les domaines touchant à la protection des enfants, à la sécurité ou à la santé des citoyens, la première question ne devrait jamais être « qui propose cette mesure ? », mais « est-elle utile et protège-t-elle réellement la population ? ».
Le débat démocratique est indispensable, mais lorsqu’il se transforme en affrontement permanent, ce sont parfois les citoyens qui en paient le prix.
La seconde saisine correspond au groupe Socialistes et apparentés. On y retrouve Boris Vallaud ainsi que Marie-José Allemand, Joël Aviragnet, Christian Baptiste, Fabrice Barusseau, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Belkhir Belhaddad, Béatrice Bellay, Karim Benbrahim, Mickaël Bouloux, Dorine Bregman, Philippe Brun, Elie Califer, Colette Capdevielle, Paul Christophle, Pierrick Courbon, Alain David, Arthur Delaporte, Stéphane Delautrette, Dieynaba Diop, Fanny Dombre Coste, Peio Dufau, Iñaki Echaniz, Romain Eskenazi, Olivier Faure, Denis Fégné, Martine Froger, Guillaume Garot, Océane Godard, Pascale Got, Jérôme Guedj, Stéphane Hablot, Ayda Hadizadeh, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, François Hollande, Sacha Houlié, Chantal Jourdan, Marietta Karamanli, Fatiha Keloua Hachi, Gérard Leseul, Laurent Lhardit, Estelle Mercier, Philippe Naillet, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Marc Pena, Anna Pic, Christine Pirès Beaune, Dominique Potier, Pierre Pribetich, Christophe Proença, Marie Récalde, Valérie Rossi, Claudia Rouaux, Aurélien Rousseau, Fabrice Roussel, Sandrine Runel, Sébastien Saint-Pasteur, Isabelle Santiago, Hervé Saulignac, Arnaud Simion, Thierry Sother, Céline Thiébault-Martinez, Mélanie Thomin, Roger Vicot et Jiovanny William. Le groupe compte actuellement 68 députés.
Protection de l'enfance
On peut légitimement se demander si les électeurs de ces parlementaires connaissent réellement les conséquences possibles des positions qu’ils défendent.
Il serait cependant excessif d’affirmer que ces élus veulent mettre la vie des enfants en danger : leur démarche peut relever d’une conception différente des libertés publiques ou de la manière de légiférer.
En revanche, lorsqu’une décision contribue à affaiblir une mesure destinée à protéger les mineurs, il est normal que les citoyens puissent s’interroger sur les risques concrets qui peuvent en découler et demander des comptes à leurs représentants.
Protéger les enfants ne devrait jamais être une affaire de parti, d’idéologie ou de stratégie politique : lorsqu’il s’agit de leur sécurité, l’intérêt de l’enfant devrait toujours passer avant celui des appareils.
Bonne journée à tous.
/image%2F1408188%2F20260816%2Fob_3863ca_capture-d-e-cran-2026-08-16-a-10.png)
/image%2F1408188%2F20260816%2Fob_c1eca8_capture-d-e-cran-2026-08-16-a-10.png)
/image%2F1408188%2F20260816%2Fob_42e283_capture-d-e-cran-2026-08-16-a-10.jpeg)
/image%2F1408188%2F20260816%2Fob_e38f94_839c87c2-ca0e-4a52-9b32-22df3f57d1df.png)