Moteurs, gaspillages et pollution
À notre époque, tourner une clef c'est hyper fatiguant
Combien de millions de litres partent en fumée ?
Il y a une habitude que j’observe quotidiennement et que je trouve de plus en plus incompréhensible : laisser tourner le moteur d’un véhicule à l’arrêt sans aucune nécessité. Devant une école, le temps de déposer un enfant. Devant une boulangerie, le temps d’acheter le pain. Sur un parking, pendant que quelqu’un attend. Et même certains chauffeurs routiers qui laissent tourner le moteur de leur camion pendant qu’ils vont boire un café.
Un véhicule qui reste ainsi cinq ou dix minutes, pris individuellement, cela paraît dérisoire. Quelques centilitres de carburant, quelques centimes et quelques gaz d’échappement. Mais multiplions ces quelques minutes par des centaines de milliers, voire des millions de véhicules, puis par 365 jours. Tout à coup, ce qui ressemblait à trois gouttes de carburant devient une quantité considérable.
Le plus étonnant est que cette pratique n’est même pas autorisée. En France, l’arrêté du 12 novembre 1963 prévoit que les véhicules en stationnement doivent avoir leur moteur arrêté, sauf nécessité. Cette règle existe donc depuis plus de soixante ans et n’a rien à voir avec les récentes politiques écologiques.
Un moteur au ralenti ne consomme évidemment pas autant qu’un moteur qui propulse un véhicule, mais il consomme tout de même. Pour une voiture, on peut retenir comme ordre de grandeur environ 0,6 à 1 litre de carburant par heure au ralenti, selon la motorisation et les équipements en fonctionnement. Pour un poids lourd, la consommation peut atteindre plusieurs litres par heure.
Prenons volontairement une hypothèse simple : une voiture consommant 0,8 litre par heure au ralenti. Dix minutes de fonctionnement inutile représentent environ 0,13 litre de carburant. Cela semble insignifiant. Pourtant, si seulement un million de véhicules faisaient la même chose dix minutes par jour, nous arriverions à environ 133 000 litres de carburant brûlés quotidiennement sans parcourir le moindre kilomètre.
133 000 litres, ce sont 133 mètres cubes de carburant chaque jour. Sur une année, cela représente environ 48,7 millions de litres, soit 48 700 mètres cubes. Il faut bien préciser qu’il ne s’agit pas d’une estimation de la consommation réelle de l’ensemble des véhicules français laissés inutilement au ralenti. C’est simplement un calcul permettant de mesurer ce que produit une petite habitude lorsqu’elle est répétée à très grande échelle.
À 2 euros le litre, ces 48,7 millions de litres représenteraient près de 97 millions d’euros par an. Autrement dit, pratiquement 100 millions d’euros transformés en chaleur et en gaz d’échappement pour parcourir exactement zéro kilomètre.
Même à l’échelle d’un seul automobiliste, l’addition finit par devenir moins insignifiante qu’elle n’en a l’air. Dix minutes quotidiennes de ralenti, avec notre hypothèse de 0,8 litre par heure, représentent près de 49 litres de carburant par an. À 2 euros le litre, cela approche les 100 euros. Cent euros dépensés uniquement pour faire tourner un moteur qui ne sert à rien.
Et il n’y a pas que le coût pour l’automobiliste. Le carburant consommé doit être extrait, raffiné, transporté et distribué. Il mobilise des infrastructures et de l’énergie. Le gaspillage a donc un coût économique qui dépasse le simple prix payé à la pompe.
Il a également un coût environnemental. Chaque litre de carburant brûlé produit du dioxyde de carbone. Un moteur thermique au ralenti rejette également, selon sa technologie et ses conditions de fonctionnement, différents polluants atmosphériques. Le moteur ne fait peut-être pas avancer la voiture, mais la combustion, elle, continue parfaitement de fonctionner.
Et où voit-on régulièrement des voitures attendre moteur tournant ? Devant les écoles. C’est probablement l’un des endroits où cette habitude paraît la plus absurde. On dépose son enfant, on attend quelques minutes ou on discute avec un autre parent, tandis que le moteur continue à rejeter ses gaz à proximité immédiate des enfants. On parle beaucoup de la qualité de l’air autour des établissements scolaires, mais couper simplement son moteur lorsqu’on attend serait déjà une mesure élémentaire.
Pour les poids lourds, les quantités deviennent encore plus importantes. Si l’on retient un ordre de grandeur d’environ 3 litres de gazole par heure au ralenti, une demi-heure inutile représente environ 1,5 litre. Cent camions faisant cela quotidiennement consommeraient 150 litres. Mille camions, 1 500 litres. Et toujours pour parcourir zéro kilomètre.
Il existe évidemment des situations dans lesquelles un moteur doit continuer à fonctionner : contraintes techniques, équipements nécessitant le fonctionnement du moteur, sécurité, températures extrêmes ou certaines opérations professionnelles. Ce n’est pas de cela dont je parle. Je parle du véhicule devant lequel personne ne se pose même plus la question de couper le contact : le camion dont le chauffeur est parti boire un café, la voiture laissée devant la boulangerie ou celle qui attend plusieurs minutes devant l’école.
Nous dépensons aujourd’hui des sommes considérables pour réduire notre consommation énergétique et nos émissions. On impose des normes de plus en plus sévères aux véhicules, on développe les voitures électriques, on installe des bornes de recharge, on modifie les infrastructures, on instaure des restrictions de circulation et on demande aux particuliers et aux entreprises d’investir dans des technologies moins polluantes.
Pendant ce temps, des moteurs continuent tous les jours à brûler du carburant simplement pour ne rien faire.
Couper les moteurs inutilement laissés au ralenti ne sauvera évidemment pas à lui seul la planète. Mais c’est probablement l’une des économies d’énergie les plus simples qui soient. Elle ne nécessite aucune subvention, aucune nouvelle technologie, aucune borne électrique, aucune prime gouvernementale et aucun changement de véhicule.
Il suffit d’un doigt.
On coupe le moteur.
Et lorsque dix minutes paraissent insignifiantes, il suffit de revenir à notre calcul : avec seulement un million de véhicules concernés, dix minutes quotidiennes représentent près de 49 millions de litres de carburant par an dans notre exemple. Près de 100 millions d’euros à 2 euros le litre et 48 700 mètres cubes de carburant consommés sans avoir avancé d’un seul mètre.
Nous cherchons souvent des solutions extrêmement compliquées pour économiser l’énergie. Il serait peut-être temps de commencer par la plus évidente : arrêter de la gaspiller.
Alors, vu la circulation anarchique de Briançon et le bordel des multiples travaux et constructions diverses qui génèrent tant de problèmes, si vous venez chercher de l’air pur, c’est raté.
Bonne journée à tous.
PS : Tous les textes sont personnels, juste mis en page et corrigés par ChatGPT.
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