Leçon d'éducation et de politesse

Publié le par François Ihuel

 

La place du maire de Briançon lui fait gonfler la tête, pourtant ils a besoin d'éducation

 

Leçon d'éducation et de politesse
Leçon d'éducation et de politesse
Kensington Palace répond. Briançon se tait.

 

Ce midi, j'ai reçu une lettre de Kensington Palace.

J'avais écrit au Prince et à la Princesse de Galles pour leur proposer un exemplaire, en anglais, de mon roman Je ne veux pas être roi, destiné à leurs enfants. Je n'attendais rien. Après tout, que représente la lettre d'un auteur français parmi les milliers de courriers que doit recevoir la famille royale britannique ?

Et pourtant, on m'a répondu.

On m'explique très courtoisement que le Prince et la Princesse reçoivent un nombre considérable de sollicitations et que, devant une telle quantité, il leur est matériellement impossible de répondre favorablement à toutes. Je le comprends parfaitement. Ce n'est d'ailleurs pas là l'essentiel, et ce n'était pas mon objectif en leur écrivant.

Ce que je retiens est beaucoup plus simple : quelqu'un a ouvert mon courrier, l'a lu, a pris connaissance du titre de mon livre et de la raison pour laquelle je souhaitais l'adresser à leurs enfants. Puis on a pris la peine de m'envoyer une réponse personnalisée, polie et respectueuse.

Cela s'appelle tout simplement l'éducation.

Et cela m'amène inévitablement à penser à Briançon.

Depuis six ans, j'ai adressé différents courriers au maire de ma ville. Selon mon expérience, trop souvent : aucune réponse. Pas même quelques lignes pour dire : "Monsieur, nous avons bien reçu votre courrier."

Je trouve le contraste saisissant.

À Kensington Palace, des gens qui ne me connaissent pas, qui vivent à plus de mille kilomètres de chez moi et qui reçoivent certainement une montagne de correspondance trouvent le moyen de me répondre.

À Briançon, la mairie se trouve à quelques minutes de chez moi.

Il semblerait que la Manche soit plus facile à traverser que les quelques rues qui séparent un Briançonnais de son hôtel de ville.

Je ne demande ni révérence, ni papier à en-tête, ni couronne au-dessus de la lettre. Je ne demande même pas que l'on soit d'accord avec moi.

Je demande ce que tout citoyen est en droit d'attendre humainement de ceux qui exercent une fonction publique : être considéré suffisamment pour recevoir une réponse.

Le site de la Ville de Briançon proclame lui-même : "La proximité, c'est être à l'écoute !"

Très bien.

Encore faudrait-il parfois répondre.

La famille royale britannique vient de nous donner, involontairement, une petite leçon de courtoisie républicaine.

Curieux paradoxe : il m'aura fallu écrire à un palais royal pour découvrir ce que j'attendais simplement de ma mairie.

Ce sont souvent les petits insignifiants, qui se prennent pour les plus grands.

Bonne journée à presque tous

 

Leçon d'éducation et de politesse
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article