Observation et notification de ce qui est et ce qui pourrait l'être. Réveiller les consciences pour faire évoluer les choses.
L'impôt déguisé
Publié le
par François Ihuel
Et une couche de plus pour les défavorisés
Un nouvel impôt sur la maladie
Le gouvernement annonce le doublement du plafond annuel des franchises médicales, qui passerait de 100 à 200 euros. La justification avancée est simple : ce plafond n’aurait pas évolué depuis vingt ans. Comme si toute somme ancienne devait nécessairement être doublée, sans tenir compte de l’évolution des revenus, des retraites et du coût général de la vie.
On pourra toujours appeler cela une franchise, une participation ou un reste à charge. Dans les faits, il s’agit bien d’une nouvelle ponction imposée aux malades. Car personne ne choisit de consulter un médecin, de suivre un traitement ou de prendre des médicaments pour son plaisir. Plus une personne est malade, plus elle paiera. La maladie devient donc une source supplémentaire de recettes.
Cette mesure touchera particulièrement les personnes âgées, les malades chroniques et tous ceux qui disposent des revenus les plus modestes. Cent euros supplémentaires peuvent paraître dérisoires vus depuis un ministère, mais ils ne le sont pas pour quelqu’un qui compte déjà chaque dépense.
On nous explique régulièrement qu’il ne faut pas renoncer aux soins. Pourtant, on augmente sans cesse ce qui reste à la charge des patients. Puis, lorsque certains attendront avant de consulter ou réduiront leurs traitements, on s’étonnera que leur état de santé se soit aggravé.
Ce n’est peut-être pas officiellement un impôt. Mais lorsqu’une somme est prélevée obligatoirement par l’État sur des dépenses que l’on ne peut éviter, la différence devient surtout une question de vocabulaire. La santé était autrefois fondée sur la solidarité. Elle devient progressivement une facture que l’on présente en priorité à ceux qui ont le malheur d’être malades.