Police et infractions
Déformer les mots pour les contourner
Narguer les institutions.
Dans notre pays, il existe des règlements, des codes et des lois. Ils ne sont pas là pour compliquer inutilement la vie des citoyens, mais pour organiser la vie collective, protéger les personnes et éviter que chacun agisse uniquement selon son bon vouloir.
Il peut arriver à n’importe qui d’enfreindre une règle par inadvertance, par ignorance ou par simple étourderie. Dans ce cas, un rappel à l’ordre peut suffire. L’erreur involontaire n’a pas la même portée qu’un comportement répété et assumé.
Mais certaines personnes connaissent parfaitement les règles et choisissent malgré tout de ne pas les respecter. Peu importe le moyen utilisé pour les informer ou les alerter : panneaux, campagnes de prévention, avertissements, contrôles ou remarques directes. Leur comportement reste le même, parce qu’elles considèrent que les règles concernent surtout les autres.
C’est le cas, par exemple, de ceux qui laissent tourner le moteur de leur véhicule pendant qu’ils font le plein de carburant. Pourtant, couper le contact ne demande qu’un geste. Mais certains persistent, comme si tourner une clé représentait un effort insurmontable. C’est également le cas de ceux qui commettent régulièrement des excès de vitesse, puis se plaignent continuellement des radars, des contrôles routiers et des sanctions.
Dans ce genre de situation, l’information ne suffit plus. La prévention a ses limites lorsqu’elle s’adresse à des personnes qui ne veulent pas entendre. La seule réponse réellement efficace devient alors la sanction.
C’est précisément pour cela que le rôle de la police est indispensable, quelle que soit l’infraction. Il ne faut pas attendre qu’un comportement dangereux provoque un accident, un blessé ou un mort pour considérer qu’il fallait intervenir. Une infraction reste une infraction, même lorsqu’elle paraît mineure. Ce qui semble anodin peut révéler une habitude de mépris des règles, et cette habitude peut avoir des conséquences beaucoup plus graves.
Les contrôles policiers ne sont donc pas une persécution contre les citoyens. Ils sont nécessaires pour faire respecter les règles communes, protéger ceux qui les respectent et empêcher que les plus irresponsables imposent leur comportement aux autres.
Il est d’ailleurs frappant de constater que ceux qui se plaignent le plus des contrôles sont souvent ceux qui en rendent l’existence indispensable. Ils dénoncent les radars, les vérifications et les sanctions, alors qu’il leur suffirait simplement de respecter les règles pour ne pas être inquiétés.
La police ne crée pas les infractions. Elle les constate. Elle ne provoque pas les comportements dangereux. Elle intervient parce que certains refusent de se corriger d’eux-mêmes. Sans contrôle et sans sanction, les règles ne seraient plus que de simples recommandations que chacun pourrait choisir d’ignorer.
Dans une société organisée, la liberté ne consiste pas à faire n’importe quoi. Elle suppose aussi de respecter les autres, les règles communes et ceux qui sont chargés de les faire appliquer.
Une critique ne signifie pas une condamnation générale
Certains ont cru comprendre, à la lecture de mes précédents textes, que j’étais opposé à la police ou que je cherchais à dénoncer un agent. C’est totalement faux.
J’ai un profond respect pour les institutions de notre pays, et tout autant pour celles et ceux qui servent dans la police nationale et la gendarmerie. Leur rôle est indispensable. Ils assurent la sécurité de la population, interviennent dans des situations parfois difficiles ou dangereuses et accomplissent un travail qui mérite d’être reconnu.
Mais respecter une institution ne signifie pas que l’on doive approuver systématiquement chaque comportement individuel. Une institution est composée d’hommes et de femmes, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs bons jours et leurs mouvements d’humeur.
Dans le cas qui m’occupe, j’ai simplement relaté la réaction désagréable d’un fonctionnaire de police que j’ai probablement interrompu pendant sa sieste de l’après-midi. Il a manifestement mal apprécié mon appel et m’a répondu d’une manière que j’ai jugée peu adaptée à la situation. Cela ne signifie absolument pas que je mette toute la police dans le même sac.
Je n’ai jamais prétendu que cet agent représentait à lui seul l’ensemble de la police nationale. Je n’ai pas davantage cherché à nuire personnellement à qui que ce soit. J’ai simplement signalé un comportement précis et un dysfonctionnement qui, selon moi, méritaient d’être évoqués.
On peut respecter profondément la police tout en considérant qu’un agent peut parfois mal recevoir un citoyen. Les policiers ne sont pas plus infaillibles que les autres. Lorsqu’un comportement paraît inapproprié, le signaler n’est pas attaquer l’institution : c’est au contraire souhaiter qu’elle fonctionne correctement et conserve la confiance de la population.
Ma démarche ne relève donc ni de l’hostilité ni de la dénonciation systématique. Elle repose sur une distinction simple : le comportement ponctuel d’un homme ne saurait remettre en cause le travail de milliers de policiers et de gendarmes qui accomplissent quotidiennement leur mission avec sérieux, courage et sens du devoir.
Je continuerai donc à respecter et à soutenir les forces de l’ordre, tout en conservant le droit de dire lorsqu’une situation particulière me semble anormale. Le respect n’interdit pas la critique. Il exige simplement qu’elle soit juste, mesurée et dirigée contre les faits, et non contre l’ensemble d’une institution.
Et puis si quelqu'un à quelque chose à me dire, merci de venir m'en faire part directement, pas en passant par la bande.
Bonne journée à tous
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