Briançon, TEOM

Publié le par François Ihuel

 

Plus c'est cher, moins c'est entretenu

 

Photos personnelles, C'est comme ça partout à Briançon
Photos personnelles, C'est comme ça partout à Briançon
Photos personnelles, C'est comme ça partout à Briançon
Photos personnelles, C'est comme ça partout à Briançon
Photos personnelles, C'est comme ça partout à Briançon

Photos personnelles, C'est comme ça partout à Briançon

Les molochs de Briançon : quand le tri sélectif devient parcours du combattant

À Briançon, le citoyen est sommé de faire un effort. Trier, se déplacer, respecter les consignes, contribuer à la transition écologique. Sur le principe, personne ne conteste. Le tri sélectif est nécessaire. Il relève du bon sens. Mais encore faut-il que le service public suive.

Or, l’état sanitaire des molochs – ces conteneurs collectifs imposés aux habitants – laisse très sérieusement à désirer.

Les installations sont sales, mal entretenues, parfois dégradées. Des éléments traînent au sol, des trappes sont mal ajustées, les abords sont souillés par des déchets abandonnés. En hiver, la situation devient franchement problématique : la neige et la glace rendent l’accès difficile, voire dangereux. Aucun dégagement correct, aucune sécurisation sérieuse. Il faut parfois enjamber des congères gelées pour déposer son sac. Pour une personne âgée ou à mobilité réduite, c’est impraticable.

On demande aux habitants de se déplacer – parfois loin de leur domicile – pour déposer leurs ordures ménagères. On leur demande en plus de trier consciencieusement verre, emballages, papiers. Très bien. Mais l’effort doit être réciproque.

L’entreprise chargée de la collecte, en l’occurrence Veolia, a une responsabilité contractuelle : assurer le suivi, l’entretien, la propreté et l’accessibilité des installations. Ce suivi semble aujourd’hui insuffisant.

Mais au-delà du prestataire, la responsabilité municipale ne peut être écartée. En vertu de l’article L2212-2 du Code général des collectivités territoriales, le maire est chargé d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. La gestion des déchets et l’état sanitaire des équipements collectifs relèvent clairement de cette obligation.

Déléguer un service à un opérateur privé ne dispense pas la commune de contrôler la qualité des prestations. La salubrité publique n’est pas optionnelle. Elle est une obligation légale.

Pendant ce temps, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères – qui n’« enlève » plus au sens traditionnel puisque les habitants doivent transporter eux-mêmes leurs déchets – ne cesse d’augmenter. Elle progresse d’année en année. Les prestations, elles, donnent le sentiment inverse : dégradation progressive, manque d’entretien, moindre qualité de service.

Il ne s’agit pas de refuser le tri. Il ne s’agit pas de contester l’effort écologique. Il s’agit d’exiger de la cohérence. Quand la contribution financière augmente, la qualité du service doit suivre. Quand une collectivité impose une organisation contraignante, elle doit garantir un niveau irréprochable d’hygiène et d’accessibilité.

À Briançon aujourd’hui, les molochs ne renvoient pas l’image d’une gestion rigoureuse. Ils posent une question simple : qui contrôle réellement la qualité du service rendu aux habitants ?

 

Photo "Dauphiné Libéré"

Photo "Dauphiné Libéré"

Un problème de moyens… ou de gestion ?

J’ai contacté les Services Techniques pour demander le dégagement de la neige et de la glace autour des molochs. Avec les chutes répétées, je comprends parfaitement que les priorités puissent être ailleurs : routes à sécuriser, accès publics à maintenir, urgences à traiter. On ne peut pas être partout à la fois.

Il faut d’ailleurs préciser une chose : par principe, ce n’est pas aux Services Techniques municipaux d’assurer le nettoyage et l’entretien des molochs, mais à VEOLIA, prestataire chargé de la collecte et de l’entretien, et rémunéré pour ce faire. La responsabilité opérationnelle relève donc du contrat de service.

Mais au-delà de l’intervention ponctuelle, le problème semble plus profond.

Le manque de personnel se fait sentir sur le terrain. Au fil des quinze dernières années, les effectifs ont été réduits au nom des économies budgétaires. Moins d’agents, moins de présence, moins de suivi.

Dans le même temps, la ville continue de construire, d’augmenter les surfaces habitables, d’étendre les zones urbanisées. Plus d’habitants, plus d’infrastructures, plus d’équipements… donc mécaniquement plus d’entretien à assurer.

On ne peut pas réduire les moyens humains tout en augmentant les charges structurelles sans que cela finisse par se voir. Les molochs enneigés ne sont peut-être qu’un symptôme parmi d’autres.

La question n’est pas de blâmer les agents. La question est de savoir si les choix de gestion à long terme ont été cohérents avec le développement de la ville.

Nettoyer seulement en période de crise ?

Un autre point interpelle : la régularité du nettoyage.

En 2020, en pleine période d’épidémie, les molochs ont été désinfectés à l’eau de Javel. Les agents intervenaient, ouvraient les couvercles, procédaient à un nettoyage complet et à une désinfection effective. La photo du Dauphiné Libéré en atteste.

Ce n’était pas un simple coup de jet, mais une véritable démarche sanitaire.

La question devient alors évidente : si cela a été possible à ce moment-là, pourquoi ne le serait-ce pas de manière régulière ?

L’hygiène publique ne devrait pas dépendre d’un contexte exceptionnel. Les conteneurs à déchets sont, par nature, des points sensibles. Leur désinfection périodique ne relève pas d’un luxe, mais d’un principe élémentaire de salubrité.

On a su le faire quand l’urgence l’exigeait. Rien n’empêche de maintenir un niveau d’entretien cohérent dans la durée.

Les Briançonnais attendent de la prochaine municipalité autre chose que du décorum médiatique ou des mises en scène politiques. Ils attendent une gestion concrète, visible sur le terrain, efficace au quotidien.

La communication ne remplace pas l’entretien des équipements publics. Les annonces ne remplacent pas la présence. Les images ne remplacent pas les actes.

Ce qui est attendu, ce n’est pas une parade figurative, mais une administration qui assume pleinement ses responsabilités : contrôle des prestataires, suivi des installations, cohérence budgétaire, respect de l’hygiène publique.

Les habitants ne demandent pas du spectacle. Ils demandent du service.

En ce qui me concerne je ne voterais pas pour le maire sortant, qu'il sorte et qu'il laisse la place à des gens plus soucieux de la ville et de ses habitants, il n'y a pas que des touristes et des promoteurs, à Briançon.

Bientôt une suite avant élections.

Bonne journée à tous.

 

 

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A
Bonjour Francois je vois que tu va bien mais je ne fait pas de politique mais a ma connaissance les poubelles molok noir et jaune sont de la responsabilité de la comcom entretient et enlevement.Veolia ne s occupe plus que du transport vert les centre tri et du verre et des cartons sauf erreur de ma part
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F
En effet, mais je ne cite pas les ST, qu'ils soient de la Com-Com ou municipaux, ils ont assez de travail comme ça en ce moment. Les responsables sont les dirigeants de ces deux institutions qui ne sont pas attentifs à ces détails. Comme le principal responsable est le même homme, vu comment il fonctionne je ne m'étonne pas de ces lacunes. merci de ton message. je constate que tu es toujours aussi vaillant.