La stabilité est ailleurs

Publié le par François Ihuel

 

les dérives de l'évolution 

 

La stabilité est ailleurs

Le vrai bio, c’était avant.

Quand j’étais gosse, tout était « bio ».

Pas besoin d’étiquette, pas besoin de label. Les légumes venaient du jardin, le lait sortait de la ferme, le pain du fournil. On mangeait ce que la nature donnait, sans colorants ni conservateurs, et surtout sans publicité tapageuse pour nous convaincre que c’était bon pour nous.

Puis est arrivée l’industrie alimentaire.

Sous prétexte de progrès elle a inondé nos assiettes d’additifs, de poudres de perlimpinpin et de substances dont personne ne comprenait le nom. On a fabriqué du « goût » artificiel, du moelleux trafiqué, de la conservation chimique. Et bien sûr, tout ça en augmentant les prix.

Aujourd’hui, ironie suprême : On nous vend du « bio » comme une grande nouveauté, on nous explique, la main sur le coeur, que cette fois il n’y a plus d’additifs, plus de chimie. Mais le prix, lui, a encore grimpé. Autrement dit on nous refourgue ce qu’on mangeait naturellement il y a cinquante ans… en nous le faisant payer deux fois plus cher.

Le système est bien rodé :

1. Créer le problème : Une alimentation trafiquée, bon marché mais pauvre.

2. Vendre la solution : Du « bio » hors de prix, réservé à ceux qui peuvent se l’offrir.

3. Entretenir l’illusion : Faire croire que la qualité, aujourd’hui, c’est du luxe.

Mais la vérité, c’est que la qualité était la norme hier. Nos grands-parents auraient éclaté de rire en voyant ces rayons « sans conservateurs » : c’était tout simplement du pain, du lait, des oeufs, comme ils les connaissaient au quotidien.

Alors oui, ça me fait râler. Parce qu’on nous prend pour des imbéciles, encore une fois. On nous a enlevé le vrai, on nous a gavés de faux, et maintenant on nous revend le vrai comme un privilège.

Et pour dire les choses comme elles sont : Tout est bon pour nous niquer sur les prix.

 

La stabilité est ailleurs

Ce qui manque aujourd’hui.

Ce qui manque à la population, aujourd’hui, ce n’est pas l’indispensable, l’indispensable presque tout le monde l’a : un toit, de quoi manger, de quoi se vêtir, un chauffage, un lit. Ce que nos grands-parents considéraient comme un luxe minimal est devenu la norme silencieuse.

Non, ce qui manque aujourd’hui c’est le superflu, le superflu qu’on a rendu vital. Le portable dernier cri, le wifi à chaque coin de rue, la voiture toujours plus neuve, les vêtements à la mode, les écrans qui se succèdent. Ce superflu qu’on consomme comme si notre vie en dépendait, alors qu’il n’est que la décoration artificielle d’un quotidien qui suffirait déjà.

C’est là que se trouve la pauvreté moderne : Avant, on savait vivre avec peu, parce que le peu était tout ce que l’on avait.

Aujourd’hui on ne sait plus vivre sans trop, parce que le trop est devenu la mesure de notre confort et de notre identité. Nous avons remplacé la sobriété contrainte par une dépendance choisie. Nous avons perdu la saveur du nécessaire en nous noyant dans le futile. Et nous appelons progrès ce qui n’est parfois qu’un enchaînement.

Le superflu n’est pas un mal en soi, il devient un poison quand il devient un besoin.

Des besoins aux disponibilités :

Dans ma jeunesse nous étions payés en espèces, à la semaine. L’argent avait un poids réel, on le comptait, on le tenait, on le voyait passer de main en main, l'argent avait une réelle valeur, et parce que le salaire tombait chaque semaine il y avait peu de jours maigres. Manquer un jour sur sept, c’est gérable, manquer dix jours sur trente, c’est une inquiétude qui creuse.

Nous consommions ce dont nous avions besoin. Pas plus, pas moins. Le besoin était le vrai maître, il guidait nos choix, il limitait nos excès, il rappelait la valeur des choses simples.

Aujourd’hui, les besoins se sont dissous. Nous n’avons plus de besoins, nous n’avons que des disponibilités. L’argent n’est plus un objet, c’est une abstraction qui circule sans qu’on le voie. La consommation n’est plus une réponse à la faim ou au froid, mais un réflexe devant l’offre, une tentation permanente.

Là où le besoin structuraient nos vies, la disponibilité les disperse.

Là où nous savions choisir l’essentiel, nous empilons l’accessoire.

Et paradoxalement, dans ce monde où tout est disponible, il manque toujours quelque chose : le goût de la simplicité, la saveur du nécessaire.

Pauvre monde en dérive.

 

La stabilité est ailleurs

La discipline et la véritable liberté des peuples.

Un peuple ne peut avancer droit que s’il a un gouvernement stable et une présidence stable, toutefois, si la présidence ne fonctionne pas, il faut la remplacer. Dans les démocraties occidentales on change de tête tous les 4, 5 ou 6 ans. On ne peut pas travailler durablement avec des changements continuels.

Changer une présidence inefficace est une nécessité. Mais changer sans cesse par principe, sans laisser le temps à une vision de s’enraciner, c’est condamner un pays à l’instabilité chronique.

C’est là qu’on comprend pourquoi certains systèmes, plus autoritaires ou plus rigides, donnent une impression de solidité, parce qu’ils s’inscrivent dans la durée, même si le prix à payer est une liberté plus restreinte.

Les politiques asiatiques, mais aussi russes, sont souvent les plus efficaces parce que l’Occident veut faire croire que ces peuples sont soumis alors qu’ils ne sont que disciplinés. Ce qui tue l’Occident, c’est l’indiscipline.

En Asie ou en Russie, on parle de discipline collective. Les individus acceptent de se tenir à une ligne commune parce qu’ils savent que l’équilibre du groupe, la stabilité du pays, en dépendent. Ce n’est pas de la soumission aveugle, mais une forme de loyauté à un cadre.

En Occident, on confond trop souvent liberté et indiscipline. La liberté sans cadre devient caprice, dispersion, gaspillage. C’est cela qui fragilise l’Occident de l’intérieur : chacun pour soi, chacun contre l’autre, au nom d’une liberté qui finit par n’être qu’un désordre.

Discipline n’est pas soumission. Indiscipline n’est pas liberté.

 

La stabilité est ailleurs

L'insulte du silence.

Le silence peut être noble quand il est choisi, médité, offert en paix. Mais quand il est organisé, imposé, calculé, il devient une arme.

Dans l’industrie, le silence des marques n’est pas absence de réponse : c’est une réponse en soi. Il dit : « Vous n’êtes pas assez nombreux pour qu’on vous considère ». Il masque les changements discrets de recettes, les compromis sur la qualité, les logiques de marge.

En politique, le silence se pare d’un autre visage. Il laisse croire qu’il n’y a pas de problème, qu’une question légitime n’existe pas. Mais ce silence n’efface rien : il enterre les inquiétudes sous une chape invisible, espérant que le temps les étouffe.

Le silence organisé est un mépris. Il est l’aveu caché de ce qu’on ne veut pas dire, la confession muette de ce qu’on ne peut pas assumer.

Un jour pourtant, ce silence se fissure. Parce que la réalité finit toujours par parler plus fort que les discours et les slogans. Et ceux qui se croyaient protégés par leur mutisme découvrent alors que le silence n’était pas une protection, mais une fuite.

Le monde actuel est la dérive de l'illusion, on ne vit que d'apparences et de tromperies.

Bonne journée à tous. 

 

 

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