Briançon : Aux frais des contribuables

Publié le par François Ihuel

 

Les incivilités et les dégradations sont

toujours préjudiciables à la population

 

Photo personnelle et encart du Dauphiné Libéré
Photo personnelle et encart du Dauphiné Libéré

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Un message n’autorise pas à dégrader le patrimoine

Sur les murs du fort des Têtes, à Briançon, quelqu’un a peint en lettres immenses : « Refugees Welcome ». Le message se veut sans doute généreux, humain, engagé. Mais la noblesse supposée d’une cause ne donne pas le droit de transformer un monument historique en panneau d’affichage.

Le fort des Têtes n’est pas un mur abandonné au fond d’une friche. Il appartient à l’ensemble des fortifications de Vauban de Briançon, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008. C’est une part de notre histoire, de notre paysage et de l’identité même de la ville.

Le maire de Briançon s’est donc insurgé, à juste titre, contre cette nouvelle dégradation et a annoncé que les inscriptions seraient effacées. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce rempart sert de support à des slogans.

Ce qui frappe également, c’est la préparation qu’une telle opération a nécessairement demandée. On ne grimpe pas là-haut par hasard avec quelques fonds de pots de peinture dans un sac en plastique. Il faut connaître les accès, transporter du matériel, atteindre la muraille et travailler suffisamment longtemps pour tracer des lettres visibles depuis toute la vallée. L’utilisation d’une nuit bien éclairée, éventuellement par la pleine lune, aurait aussi permis d’éviter des lumières trop facilement repérables.

Cela laisse penser à une action organisée par des personnes habituées à évoluer en terrain difficile. Peut-être des montagnards expérimentés, des grimpeurs ou des gens connaissant parfaitement les lieux. Mais, sans élément établi par l’enquête, il serait injuste d’accuser les alpinistes ou les guides de haute montagne en général. La compétence nécessaire à cette opération ne révèle pas automatiquement la profession de ceux qui l’ont menée.

Le paradoxe reste énorme : prétendre défendre des êtres humains tout en dégradant un bien qui appartient à tous. L’accueil des migrants est un sujet politique et moral qui mérite un véritable débat. Il peut donner lieu à des manifestations, des tribunes, des réunions publiques ou des actions solidaires. Il existe bien des manières de faire entendre une opinion sans s’attaquer à un monument plusieurs fois centenaire.

Peindre un slogan sur un tel ouvrage ne renforce pas le message. Cela le dessert. Au lieu de parler de l’accueil des réfugiés, on ne parle plus que des dégâts, du coût du nettoyage et du mépris envers le patrimoine. Le geste prend alors le dessus sur la cause qu’il prétend servir.

On peut soutenir les migrants. On peut aussi s’opposer à leur accueil. C’est la liberté de chacun. Mais aucune conviction ne devrait autoriser à s’approprier les murs d’un monument historique. Le patrimoine n’appartient ni à la droite, ni à la gauche, ni aux militants d’une cause particulière. Il appartient à tout le monde — y compris aux générations qui viendront après nous.

La confusion volontaire et affichée, entre l'humanitaire réel et l'exploitation de la migration, enyraîne des abus que la Justice doit sanctionner.

Je pense que les enquêteurs n'auront pas trop de mal à retrouver les responsables. 

Défendre une cause n’autorise pas à abîmer ce qui appartient à tous.

Bonne journée à tous.

 

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