Briançon, la fuite en avant
Il y a des signes qui ne trompent pas.
Il y a des signes qui ne trompent pas.
Quand les démissions s’enchaînent, ce n’est plus un hasard. Ce n’est plus un simple désaccord ponctuel ni une divergence de vues passagère. C’est un signal clair de gouvernance défaillante. À Briançon, en l’espace de peu de temps, dix conseillers municipaux issus de la majorité ont quitté leurs fonctions. Les dernières démissions, relayées par Le Dauphiné Libéré, ne font que confirmer une dynamique déjà engagée depuis plusieurs mois.
Dix démissions, c'est pratiquement un tiers du conseil municipal de la "majorité".
On peut toujours tenter de minimiser, de relativiser, d’expliquer ou de diluer les responsabilités. Mais à partir d’un certain seuil, les faits parlent d’eux-mêmes. Lorsque les départs se multiplient, ce ne sont plus les personnes qui posent question, mais bien le fonctionnement global.
Dans toute organisation collective, qu’elle soit publique ou privée, une règle s’impose d’elle-même : quand les collaborateurs démissionnent les uns après les autres, le problème vient rarement d’eux. Dans une entreprise, une telle situation alerterait immédiatement le conseil d’administration. On parlerait de management défaillant, de perte de confiance, voire de dérive autoritaire. En politique locale, ces mécanismes de régulation sont plus lents, mais les causes restent identiques.
Un conseil municipal n’est ni une chambre d’enregistrement ni une structure soumise à une autorité unique. Il repose, par définition, sur le débat, l’écoute et la collégialité. Lorsque ces principes disparaissent, ils laissent place à une centralisation excessive des décisions, à une verticalité pesante et à une forme d’omnipotence qui finit par user celles et ceux qui s’y opposent ou qui tentent simplement de poser des questions.
Les démissions successives ne surgissent pas sans raison. Elles s’inscrivent dans un climat marqué par des choix contestés, des dépenses jugées excessives par certains, une opacité grandissante et une marginalisation progressive des élus qui ne s’alignent pas. Ce type de gouvernance produit toujours les mêmes effets : les personnes compétentes s’en vont, les voix critiques se taisent, et il ne reste que le silence ou l’adhésion contrainte.
Dans le monde de l’entreprise, un dirigeant confronté à une telle hémorragie humaine aurait déjà été écarté. La politique locale, elle, permet souvent à ce genre de situation de perdurer, au détriment du collectif et de l’intérêt général. Les conséquences sont pourtant bien réelles : instabilité, perte d’expertise, défiance croissante des citoyens.
Une ville n’est pas un bien personnel. Elle n’appartient ni à un maire, ni à une équipe, ni à une majorité provisoire. Gouverner une commune ne consiste pas à imposer ni à décider seul. L’autorité ne se confond pas avec l’autoritarisme. Une municipalité fonctionne lorsque les élus peuvent s’exprimer librement, lorsque les désaccords sont entendus, lorsque la transparence prime sur la communication et lorsque l’intérêt général passe avant l’ego.
Dans ce contexte, démissionner n’est pas un acte de faiblesse. C’est parfois un acte de responsabilité. On peut continuer à ignorer les signaux, à parler de cas isolés ou de simples différends personnels. Mais à dix démissions, le doute n’est plus permis. Il y a des signes qui ne trompent pas.
Je suis agréablement surpris que le Dauphiné Libéré local en face mention de façon appuyée, ça manquait.
Bonne journée à tous
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