Les vieux qui emmerdent le monde

Publié le par François Ihuel

 

C'est chiant un vieux ?

 

 

Les vieux qui emmerdent le monde

Les vieux qui emmerdent le monde

Les vieux radotent, paraît-il. Les vieux parlent fort, ils répètent, ils racontent leurs souvenirs, ils donnent des conseils qu’on n’a pas demandés.

Les vieux, dit-on, devraient se taire, rester chez eux, ne pas gêner la jeunesse, ne pas freiner le mouvement d’une société qui fonce tête baissée.

Et sur la route, c’est encore pire.

Les vieux respectent les limitations de vitesse — quelle honte !

Ils s’arrêtent aux stops — quelle lenteur !

Ils laissent passer les piétons, ils mettent leur clignotant, ils ne roulent pas sur les trottoirs — décidément, ils exagèrent !

Les jeunes — ou les moins vieux — s’impatientent, klaxonnent, doublent à droite, frôlent les pare-chocs, insultent au passage. Parce qu’ils sont pressés :

Pressés d’aller au travail, pressés d’en sortir, pressés d’aller boire un coup, pressés de rentrer, pressés de vivre sans se demander où ils vont.

Mais les vieux ne sont pas lents.

Les vieux sont prudents.

Les vieux ne sont pas sourds.

Les vieux ont déjà entendu tout ce que vous criez.

Les vieux ne sont pas bornés.

Ils ont vu passer des générations qui se croyaient immortelles.

Les vieux ne radotent pas : ils rappellent ce que vous êtes en train d’oublier.

Et peut-être que ça dérange.

On veut des vieux silencieux, invisibles, assis sur un banc en attendant leur tour au cimetière. Mais moi, je travaille encore. Je conduis. Je pense. Je vis. Je dérange. Et j’en suis fier.

Parce que dans un monde qui oublie d’où il vient, les vieux sont parfois les derniers à encore voir clair.

Bonne soirée à tous

 

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