Briançon et les cloportes de la République

Publié le par François Ihuel

 

Il est des fois des phrases gênantes qu'on ne peut exclure

 

Briançon et les cloportes de la République

Une phrase réfléchie et calculée, c’est plus un boulet qu’un avantage. 

Voilà pourquoi je n’écris pas pour plaire, mais pour dire, sans dentelles, sans détour, parce que les vérités qui dérangent sont souvent celles qu’on attendait.

Un pouvoir d’apparat, une valeur nulle.

Ce qui frappe chez ces élus, ce n’est pas tant leur hypocrisie — qui est devenue une norme — que leur vacuité.
Derrière les discours de façade, les postures martiales, les envolées patriotiques à usage électoral, il n’y a plus de substance, plus de vision, juste des mots vides, calibrés, recyclés, comme les slogans publicitaires d’une marque qui ne vend plus rien, ils sont devenus des gestionnaires de consentement, des communicants bien habillés, qui vendent au peuple les mesures qu’on leur souffle dans l’oreillette.


Ils signent, ils obéissent, ils s’exécutent — et parfois même, ils s’excusent… d’exister, mais pourvu qu’ils gardent leur siège, leur mandat, leur retraite avantageuse, ils sont prêts à tout, même à faire semblant d’être utiles.

À Briançon, le silence comme politique puisqu'il y a aussi les cloportes de province.
Moins exposés que leurs homologues nationaux, mais tout aussi retranchés dans leurs petits royaumes.
À Briançon par exemple, on connaît bien la recette, un maire qui se drape dans la posture républicaine mais dont la principale stratégie reste le silence. Une forme d’élégance méprisante en somme.

J’ai écrit. Plusieurs fois, pas pour me plaindre, mais pour signaler, alerter, proposer.
Aucune réponse, pas même un accusé de réception.
Ce n’est pas un oubli, c’est un choix.
On ne vous combat pas : on vous ignore.
On ne vous contredit pas : on vous efface.

Le pouvoir local aime se croire inaccessible, enfermé dans son entre-soi il ne dialogue plus, il s’isole, et ce silence obstiné, ce refus d’écoute, devient un outil de domination aussi efficace qu’un décret.

C'est pitoyable
 

Briançon et les cloportes de la République

Satire de fin de régime

Ces gens-là sont les prostitués d’un système dont ils aiment les récompenses mais feignent d’ignorer les chaînes.
Ils s’auto-valorisent dans la soumission, comme ces employés zélés qui rient aux blagues du patron tout en rêvant de sa place, leur arrogance cache leur servilité, leur mépris trahit leur peur d’être démasqués.

Ce ne sont pas des tyrans, non, juste des rouages, des transmetteurs, des figurants devenus vedettes dans une pièce de théâtre dont ils ignorent le scénario.
Ils occupent les fauteuils du pouvoir comme on occupe un territoire abandonné, pour éviter qu’il ne tombe entre de vraies mains.

Et nous, peuple spectateur, on regarde encore ce théâtre, parfois en riant, souvent en pleurant, mais trop rarement en quittant la salle.

Il y a des créatures de l’ombre qui fuient la lumière, se faufilent entre les interstices du pouvoir, se nourrissent d’humidité sociale, de peur bien gérée et de privilèges discrets : ce sont les cloportes de la République.
Pas ceux du caniveau, non… ceux des salons dorés, des couloirs ministériels, des hémicycles aseptisés.
Ils vivent recroquevillés dans le confort de leurs statuts, à l’abri des vraies responsabilités, mais aux avant-postes du théâtre démocratique.

Ils gesticulent, mais ne décident rien , ils parlent beaucoup, mais ne disent plus rien, ils imposent, mais subissent à leur tour une pression plus haute qu’eux, bien cachée, celle d’un système dont ils sont à la fois les serviteurs, les otages et les profiteurs.

Leur fonction ? Redistribuer la contrainte : on les opprime d’en haut, ils oppressent en bas.
Esclaves repus d’un pouvoir creux, ils s’imaginent puissants parce qu’on les flatte, alors qu’ils ne sont que les haut-parleurs d’une autorité qui ne vient plus du peuple, mais des intérêts dominants.

Chronique satirique de François Ihuel

Bonne soirée à tous (du moins presque tous)

 

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