La lumière politique se lève à l'Est

Publié le par François Ihuel

 

Le monde politique est en perpétuelle bascule

 

La lumière politique se lève à l'Est

Les tendances mondiales

Le retour de Donald Trump dans le jeu politique mondial fait trembler les chancelleries. Taxes douanières, menaces sur les avoirs étrangers, sanctions extraterritoriales… La Suisse s’inquiète. D’autres pays observent, hésitent, attendent. Mais ce qui frappe, ce n’est pas la brutalité américaine. C’est la mollesse du monde face à elle.

Trump, en réalité, ne fait que pousser la logique américaine à son paroxysme : instrumentaliser l’économie comme une arme de domination. Ce n’est ni nouveau ni subtil. Et pourtant, aucun sursaut collectif ne semble émerger. Pourquoi ?

Parce que la force américaine repose sur un paradoxe : elle est moins une puissance que la somme des soumissions du monde. Elle s’alimente des bases militaires que les autres pays lui ont offertes. Des matières premières qu’ils lui vendent à crédit. Des marchés qu’ils lui ouvrent sans contrepartie. Des technologies qu’ils lui laissent capter. La puissance américaine est entretenue par les autres, comme un gendarme à qui l’on aurait donné les clés de la maison.

La peur des rétorsions économiques, la dépendance sécuritaire, l’illusion d’un ordre mondial garanti : autant de chaînes que les nations s’imposent elles-mêmes. Le monde est comme un village sous surveillance, dont les habitants acceptent de vivre sous l’œil du shérif, espérant qu’il les protège tout en redoutant ses caprices.

Il fut un temps, celui d’un De Gaulle, où certains osaient dire non. Où l’on créait une force indépendante, une voix libre. Ce temps est révolu, mais il pourrait renaître — si le monde se souvenait que l’Amérique ne tient que parce qu’on la laisse tenir.

*La vraie force n’est pas celle du gendarme. C’est celle de ceux qui décident de vivre sans maître.*

Et si le réveil européen ne venait pas des Américains, mais de ceux qu’ils veulent à tout prix désigner comme ennemis ? Et si la sortie du chaos n’était pas à l’Ouest, mais à l’Est ? C’est une question que les dirigeants européens refusent même de poser.

Depuis des décennies, l’Europe a troqué sa souveraineté contre un confort fictif sous tutelle américaine. Sécurité, commerce, alliances : tout est dicté depuis Washington. L’OTAN n’est plus un bouclier, c’est un harnais. Et les dirigeants européens, plutôt que de réfléchir, obéissent au doigt et à l’œil. Peut-être par peur. Peut-être par facilité. Peut-être parce qu’ils ont été achetés, dans tous les sens du terme.

Pourtant, le monde bouge. Le centre de gravité bascule. La Chine avance, l’Inde émerge, la Russie résiste. Trois puissances, différentes dans leurs approches, mais unies dans un point commun : elles ne se laissent pas dicter leur conduite par les États-Unis.

Pourquoi l’Europe ne pourrait-elle pas bâtir une relation solide avec ce bloc russo-asiatique ? Pourquoi continuer à s’enfermer dans une alliance unilatérale alors que la multipolarité est en marche ? Parce que les États-Unis ne le permettraient pas ? Parce que sans l’Europe, l’Amérique s’effondre ? Justement. Et c’est là que réside la vérité que les dirigeants européens refusent de voir.

L’Europe est l’assurance-vie des États-Unis. Tant qu’elle reste alignée, docile, sous pression, Washington tient debout. Mais si l’Europe se tourne vers l’Est, si elle choisit la lumière au lieu de la laisse, alors le monde pourrait basculer — dans un équilibre nouveau, peut-être plus rude, mais assurément plus libre.

*Il ne suffit pas de se réveiller. Il faut aussi choisir la direction du jour.*

Aucun dirigeant, de quelque puissance en a-t-il la direction, n'est le maitre du monde

À méditer.

Bonne soirée à tous.

 

 

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