Briançon Beurk

Publié le par François Ihuel

 

La face caché de la ville

 

Briançon Beurk

Boulodrome Champ de Mars

Ce petit bâtiment ne parle plus vraiment le langage des hommes, il parle celui des traces.

À première vue, ce n’est qu’un local technique banal, quelque chose d’utile, de discret, presque invisible, et pourtant il a été repris, marqué, recouvert, comme une peau qu’on tatoue sans lui demander son avis.

Ces graffitis ne datent pas d’hier, ils s’accumulent, ils s’installent, preuve que l’abandon n’est pas passager mais durable. Ce n’est pas un cas isolé, c’est un des nombreux endroits de Briançon laissés à eux-mêmes, loin des cartes postales et des façades entretenues.

Les journaux locaux ne montreront jamais ça, ou alors à demi-mot, parce que ce n’est pas vendeur, pas présentable, pas bon pour l’image.

Pourtant, c’est aussi ça la réalité d’une ville : ce qu’on ne nettoie plus, ce qu’on ne regarde plus, ce qu’on laisse se dégrader doucement jusqu’à ce que ça devienne normal. Les inscriptions sur les murs ne sont pas seulement des actes de vandalisme, elles deviennent les témoins d’un désintérêt plus large, d’un endroit qui n’est plus surveillé, plus respecté, presque abandonné dans le regard des autres.

Le vrai problème n’est pas le mur, c’est ce qu’il reflète : quand un lieu est entretenu, il reste digne, quand il est négligé, il attire la négligence.

Et ici, au bord de ce terrain de boules, dans un cadre pourtant calme et ouvert, la nature continue de respirer pendant que l’homme, lui, laisse des marques de son passage, faute de mieux, faute d’attention, faute de volonté.

 
 
Briançon Beurk

Touriste allemands de passage

Ce matin, à 8h50, sur le parking du Champ-de-Mars à Briançon, la scène en dit long sur l’état général des choses. Deux touristes allemands, sans gêne apparente, ont fait leurs besoins là, tranquillement, devant moi qui suis resté ébahi d'un tel comportement.

L’un pissant contre une voiture en stationnement, l’autre directement sur la borne de paiement.

À quelques mètres à peine, des toilettes publiques gratuites existent, mais encore faut-il avoir envie d’y entrer. Parce que là aussi, le problème est visible : un lieu censé être propre et accessible devient répulsif, mal entretenu, sale au point de faire hésiter n’importe qui. Les cloisons marquées, les éclaboussures douteuses, l’odeur qui colle, tout cela transforme un service utile en endroit à éviter.

Alors certains choisissent la facilité, ou plutôt la dérive, et s’installent dehors comme si de rien n’était.

Ce n’est pas seulement une question de civisme individuel, c’est une chaîne qui se casse : quand l’entretien disparaît, le respect suit le même chemin. Et au final, chacun fait comme il peut, ou comme il veut, dans un espace qui ne ressemble plus vraiment à un lieu partagé, mais à un territoire laissé à lui-même.

 

Briançon Beurk
Briançon Beurk

Qui est responsable ?

Ce monument est là, planté au milieu du passage, comme une idée qu’on a eue un jour et qu’on a ensuite oubliée.

À l’origine, il devait porter un message simple, presque universel, quelque chose autour de la volonté, de la fraternité, de la tolérance, de l’espérance… mais aujourd’hui, les mots sont mutilés, arrachés, effacés par le temps ou par l’indifférence.

Ce n’est même plus du vandalisme récent, c’est pire que ça, c’est de l’abandon installé, dix ans au minimum que ça dure, et rien ne bouge.

Les lettres manquantes ne crient plus, elles témoignent simplement du vide, d’une absence de suivi, d’une absence de responsabilité. Ce qui devait rassembler devient un symbole inverse : un message incomplet, défiguré, que plus personne ne prend la peine de restaurer.

Et pourtant, ce n’est pas caché, ce n’est pas dans un coin perdu, c’est là, visible de tous, à l’entrée d’une zone fréquentée, sur l'espace Carrefour Market, sous les yeux des passants, des clients, des habitants.

Mais à force de voir sans regarder, on finit par ne plus voir du tout.

Ce monument n’est pas seulement abîmé, il est devenu le reflet d’un laisser-faire tranquille, presque accepté, où chacun passe à côté en se disant que ce n’est pas son problème.

Et au final, ce qui disparaît, ce ne sont pas seulement des lettres, c’est le sens même de ce qu’on avait voulu inscrire dans la pierre.

 

Briançon Beurk

Amibes ou bactéries ?

Boulangerie Sophie, ZA SUD à Briançon.

Quand la porte d’une boulangerie ressemble à une porte de toilettes, avec des traces grasses, des marques de mains incrustées et une saleté installée, ça en dit déjà long avant même d’entrer.

L’hygiène, ce n’est pas un détail, c’est la base, surtout quand on vend de la nourriture.

Et quand, en plus, on voit un membre du personnel pulvériser du produit d’entretien à proximité directe de la marchandise, là on ne parle plus d’un simple manque de rigueur, mais d’un vrai problème de respect envers la clientèle.

On ne demande pas du luxe, juste du propre, du sérieux, un minimum de conscience professionnelle.

Parce qu’au final, ce que le client voit, ce n’est pas seulement une porte sale ou un geste maladroit, c’est un message clair : si ce qui est visible est négligé, qu’est-ce qu’il en est du reste ?

Et c’est là que la confiance disparaît. Pas besoin de grands discours, il suffit d’ouvrir les yeux : l’hygiène publique, ce n’est pas une option, c’est une responsabilité.

J'y suis allé parce qu'à la boulangerie Marie Blachère il n'y a plus de baguette à 9h00 du matin. Il est vrai que les restaurateurs passent avant moi. Ce ne serait pas un problème si un employé ne m'avait dit que ce matin ils ne cuisaient plus de pain. Problème ??

Ce qui se passe ici n’est pas un détail, ce n’est pas une anecdote de plus. C’est une habitude qui s’installe, une façon de laisser filer les choses jusqu’à ce que plus rien ne choque. Et quand plus rien ne choque, c’est que tout est déjà accepté.

On peut toujours parler de civisme, de respect, de règles, mais tant que les lieux eux-mêmes ne sont pas tenus, plus personne ne s’en sent responsable.

Et à force de ne rien entretenir, on finit par ne plus rien respecter, ni les endroits, ni les autres, ni soi-même.

Bonne soirée à tous.

 

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