Ma revue de presse spéciale élections

Publié le par François Ihuel

 

Les choix seront rapides. Si !!!!!

 

Article "Dauphiné Libéré"

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Clivages politiques municipaux

À chaque élection municipale, on retrouve le même travers : un catalogue impressionnant de promesses. La gauche, en particulier, semble souvent tomber dans cette logique d’addition permanente de revendications. Sur le papier, tout paraît séduisant. Écologie renforcée, démocratie participative, inclusion sociale, intelligence collective, transition énergétique, protection du patrimoine, limitation de l’urbanisation, développement des mobilités douces. Rien n’est inutile en soi. Le problème n’est pas l’intention. Le problème est la faisabilité.

Gouverner une commune ne consiste pas à empiler des ambitions. Cela suppose des arbitrages, des contraintes budgétaires, des priorités claires et surtout des choix parfois impopulaires. Une ville n’est pas un laboratoire théorique. Elle fonctionne avec des recettes limitées, des dettes, des obligations réglementaires et une réalité économique souvent moins souple que les slogans.

Certaines formulations interrogent. Faciliter l’intelligence collective, par exemple. L’expression est séduisante, moderne, consensuelle. Mais concrètement, qu’est-ce que cela signifie dans la gestion quotidienne d’une ville de montagne ? S’agit-il de multiplier les réunions publiques ? De créer des commissions supplémentaires ? D’ajouter des couches consultatives à des décisions déjà complexes ? Derrière ces mots, on peine à percevoir un mécanisme précis, mesurable, applicable.

De la même manière, la mise en avant répétée du modèle SCOP ou de la gouvernance coopérative donne l’impression d’un marqueur idéologique plus que d’une réponse adaptée à toutes les situations. Ce modèle peut fonctionner dans certaines entreprises. Mais une commune ne se gère pas comme une coopérative. Elle doit décider vite, engager des responsabilités juridiques, assumer des contraintes administratives lourdes. La transposition systématique d’un modèle alternatif à l’ensemble de la gestion municipale peut vite se heurter à la réalité.

On perçoit également une pression écologique très forte dans l’ensemble des profils et des discours. Là encore, l’objectif est compréhensible. Mais l’écologie locale ne peut pas être uniquement une posture. Elle doit tenir compte de l’économie réelle, du tourisme, du logement, de l’emploi, de l’équilibre budgétaire. Une ville comme Briançon ne peut pas vivre hors du monde. Elle dépend de flux, d’investissements, d’activités saisonnières. Trop contraindre peut freiner. Trop réglementer peut décourager.

Mais au-delà des grandes orientations, une question plus simple se pose : où sont les priorités concrètes du quotidien ? Où sont les engagements précis sur l’état des trottoirs, la réfection des routes, l’entretien des réseaux, l’éclairage public, la gestion du déneigement, l’accessibilité des quartiers, la sécurité des piétons ? Où est le plan de circulation cohérent, pensé pour les habitants autant que pour les visiteurs ? Où sont les arbitrages budgétaires détaillés sur ces sujets essentiels qui conditionnent directement la qualité de vie ?

Une municipalité vit d’abord par ces réalités très matérielles. Un trottoir mal entretenu, une voirie dégradée, une organisation de circulation confuse, un réseau vieillissant, ce sont des problèmes concrets qui ne se règlent pas avec des concepts. Ils demandent de la planification, de la rigueur financière, un calendrier clair, des choix assumés et parfois des renoncements.

Le risque, à force d’additionner les exigences et les intentions, est de produire un programme si ambitieux qu’il devient inapplicable. L’utopie mobilise pendant la campagne. La gestion commence le lendemain de l’élection. Et c’est là que les promesses rencontrent les chiffres, les appels d’offres, les normes, les contraintes techniques.

Une municipalité n’a pas besoin d’un manifeste idéologique. Elle a besoin d’un cap réaliste, d’un budget maîtrisé, d’une hiérarchisation claire des priorités et d’un calendrier d’actions concrètes. La cohérence vaut mieux que l’accumulation. L’efficacité vaut mieux que l’affichage.

Municipales : gestion locale ou bataille partisane ?

Si l’objectif des élections municipales est de faire basculer une ville dans un camp politique, alors ce ne sont plus des élections locales — ce sont des choix partisans. La question mérite d’être posée calmement.

Une élection municipale, à l’origine, n’a pas vocation à désigner un porte-drapeau idéologique. Elle doit permettre aux habitants de choisir un gestionnaire. Un responsable capable d’administrer une commune dans l’intérêt concret de ceux qui y vivent. Une ville n’est pas un Parlement miniature, c’est une réalité quotidienne.

On y parle voirie, écoles, sécurité de proximité, gestion des finances, urbanisme, services publics, entretien des bâtiments, équilibre budgétaire. Ce sont des décisions pratiques, mesurables, locales.

Quand une campagne municipale devient un affrontement de camps nationaux, le débat se déplace. On ne parle plus de trottoirs, de dettes communales ou d’organisation des services. On parle d’étiquettes, de symboles, de stratégies politiques. On transforme la commune en terrain d’expérimentation idéologique.

Or voter aux municipales, ce n’est pas choisir une ligne doctrinale, c’est choisir quelqu’un capable de gérer. Un maire est d’abord un administrateur, il gère un budget, des équipes, des projets, des priorités.
Il doit rendre des comptes sur l’état des finances, sur la transparence des dépenses, sur la cohérence des choix engagés.

Quand le vote devient un moyen de « faire basculer la ville » dans un camp, la logique change. Le citoyen ne vote plus pour la compétence locale, mais pour une appartenance nationale. La commune devient un pion. Ce glissement pose une question simple : la politique partisane doit-elle dominer la gestion locale ?

Certains diront que toute gestion est politique. C’est en partie vrai. Les décisions publiques impliquent des choix. Mais il y a une différence entre orienter une politique locale et instrumentaliser une commune pour un rapport de force national.

La démocratie municipale repose sur la proximité. Sur la connaissance du terrain. Sur la capacité à répondre à des problèmes concrets. Si l’on perd cela, on transforme l’élection municipale en simple prolongement d’un affrontement partisan, et dans ce cas, on ne choisit plus un gestionnaire, on choisit un camp.

La nuance est importante. Parce qu’au final, ce ne sont pas les partis qui vivent dans la ville. Ce sont les habitants.

 

Article "Dauphiné Libéré"

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Vitrine médiatique

À chaque grande échéance médiatique, le scénario se répète. Des visites officielles, des discours, des panneaux explicatifs, des projections ambitieuses. Les Jeux olympiques deviennent l’argument central, le levier d’image, la justification des investissements. La communication est maîtrisée, les photos sont belles, les annonces valorisantes.

Mais derrière la vitrine, une question simple demeure : est-ce réellement la priorité d’une ville qui a encore tant de besoins concrets ?

Les Jeux olympiques durent quinze jours. Les habitants vivent ici toute l’année. Les trottoirs abîmés, les voiries fatiguées, les réseaux vieillissants, les bâtiments publics à rénover, les équipements à moderniser ne disparaîtront pas une fois la flamme éteinte.

On nous explique que ces événements sont une opportunité. Peut-être. Mais une opportunité pour qui, et à quel prix ? Les investissements liés aux grandes manifestations sont toujours présentés comme structurants. Pourtant, ils mobilisent des budgets considérables, des arbitrages lourds, et souvent des priorités déplacées.

Une ville ne se gère pas comme une vitrine événementielle. Elle se gère dans la continuité, dans l’entretien, dans la planification, dans la rigueur. L’image compte, mais la solidité compte davantage.

Quand les finances publiques sont sous tension, quand les habitants constatent des retards d’entretien ou des besoins urgents non traités, la mise en avant permanente d’un événement mondial peut donner le sentiment d’un décalage. Comme si la communication passait avant la maintenance.

Dans une ville de montagne comme Briançon, les réalités sont pourtant très concrètes : routes mises à rude épreuve par le gel et le dégel, circulation complexe en saison, accès aux quartiers parfois contraints, stationnements saturés, équipements publics soumis aux variations climatiques. Avant de penser à l’accueil d’un flux exceptionnel de visiteurs internationaux, ne faudrait-il pas s’assurer que le quotidien des habitants fonctionne sans accrocs, que les infrastructures de base soient irréprochables et que les priorités locales soient pleinement financées ?

À cela s’ajoute la question du stationnement. Aujourd’hui, il ne subsiste plus de rues municipales gratuites ; seules celles relevant du département échappent encore à la tarification. On peut comprendre la nécessité de recettes pour équilibrer un budget. Mais transformer chaque espace public en source de prélèvement finit par produire l’effet inverse de celui recherché. Le stationnement n’est pas seulement une ligne comptable, c’est un facteur d’attractivité pour les commerces, un élément de confort pour les habitants et un signal envoyé aux visiteurs. À trop vouloir optimiser la moindre opportunité financière, on risque d’alourdir le quotidien et de fragiliser la dynamique locale.

Le vrai enjeu n’est pas d’être contre ou pour les Jeux. Il est de savoir si cet horizon lointain ne détourne pas l’attention des urgences immédiates. Une municipalité responsable doit hiérarchiser. D’abord l’essentiel, ensuite le prestige.

Les grands événements passent. Les factures restent. Et ce sont toujours les habitants qui vivent avec les conséquences.

 

Article "Dauphiné Libéré"

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CCB ou Conseil d'Administration de PDG ?

Une communauté de communes n’est pas une mairie élargie. Elle est, par définition, un espace de coopération entre plusieurs communes, chacune porteuse de sa légitimité, de sa réalité territoriale et de ses priorités.

Lorsque le président concentre les délégations et écarte certains maires du bureau exécutif, cela peut donner le sentiment d’une centralisation excessive. Même si la décision est juridiquement possible, elle pose une question politique : la gouvernance reste-t-elle réellement collégiale ?

Une intercommunalité fonctionne sur l’équilibre. Les petites communes doivent pouvoir peser autant que les plus importantes dans les orientations structurantes. Si certaines voix sont marginalisées, le risque est double : affaiblir la confiance entre élus et transformer un organe de coopération en organe de décision vertical.

La force d’une communauté de communes réside dans la concertation, pas dans la prépondérance d’un seul centre décisionnel. Une gouvernance trop concentrée peut créer des tensions durables et fragiliser l’adhésion des territoires périphériques.

Ce n’est pas une question de personne. C’est une question de méthode. Une intercommunalité équilibrée repose sur la représentation, le dialogue et la reconnaissance mutuelle. À défaut, elle cesse d’être une communauté pour devenir une structure dominée.

Et dans un territoire comme le Briançonnais, où les équilibres entre communes sont sensibles, la coopération doit rester la règle, pas l’exception.

 

Copie de vidéo personnelle

Copie de vidéo personnelle

Plan de circulation = Néant 

Le centre-ville de Briançon étouffe. Chaque jour un peu plus. Entre la gare et la place de l’Europe, les véhicules s’entassent, avancent par à-coups, stagnent moteur allumé. Il n’est pas rare de mettre vingt minutes pour parcourir quelques centaines de mètres. Ce n’est plus un simple désagrément, c’est un dysfonctionnement structurel.

Au-delà de l’agacement, il y a la pollution. Les gaz d’échappement stagnent dans un espace déjà contraint par la topographie. Les riverains respirent ce que les embouteillages produisent. Les commerçants voient passer des files de voitures à l’arrêt au lieu de clients circulant sereinement. Le centre-ville finit par ressembler à un no man’s land mécanique.

Cela fait plus de vingt ans que l’on parle d’un plan de circulation cohérent. Vingt ans que le constat est posé. Pourtant, les ajustements restent ponctuels, jamais structurants. Or une ville ne peut pas fonctionner durablement avec des flux improvisés. La circulation doit être pensée globalement : entrées de ville, sens de circulation, zones de dépose, synchronisation des feux, articulation avec la gare et les transports en commun.

Les solutions existent. Elles ont été évoquées, parfois proposées, parfois débattues. Mais sans volonté claire et sans vision d’ensemble, elles restent à l’état d’idées. Une ville de montagne, avec ses contraintes physiques et son attractivité touristique, ne peut pas se permettre l’inaction.

Le problème n’est pas de savoir qui est responsable. Le problème est de savoir qui décidera enfin d’agir. Un plan de circulation n’est pas un luxe. C’est une nécessité vitale pour la qualité de vie, pour l’économie locale et pour la santé publique.

Continuer à regarder les files de voitures s’allonger sans stratégie globale revient à accepter l’asphyxie progressive du centre-ville.

Le tout devant le local de campagne du candidat maire sortant, plus occupé à parader en vu des J.O., avec pour invité un élus régional, qu'à réaliser les carences de son mandat finissant.

Et lorsque ces embouteillages se forment quotidiennement sous les fenêtres mêmes des lieux de décision et de campagne, cela symbolise un décalage troublant entre les discours affichés et la réalité vécue par les habitants. Les grands projets et les visites officielles ne devraient jamais faire oublier les urgences concrètes du quotidien.

 

Article "Dauphiné Libéré"

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"Bien vivre à Briançon"

Dans cette nouvelle configuration, portée par d’anciens membres de l’actuelle municipalité, on perçoit une approche différente. Le discours est plus sobre. Moins chargé en concepts, moins structuré autour d’un inventaire de revendications. L’accent semble mis davantage sur la méthode que sur l’idéologie.

Le fait que des élus démissionnaires se regroupent autour d’une candidature dite collective peut laisser penser qu’ils souhaitent corriger certaines pratiques internes ou proposer un fonctionnement différent. La sobriété du message peut être interprétée comme une volonté de recentrage sur l’essentiel : répondre aux besoins concrets des habitants, sans surenchère programmatique.

On peut y voir une possibilité accrue de prise en compte des doléances locales. Lorsqu’un discours ne s’encombre pas d’un empilement d’orientations générales, il laisse plus de place à l’écoute et à l’ajustement. Une gestion municipale efficace repose souvent sur cette capacité à traiter les problèmes au cas par cas, avec pragmatisme.

Cependant, un point demeure absent dans les différentes déclarations : l’urbanisme lié au réseau routier. Or, dans une ville de montagne comme Briançon, la question de la circulation, de l’état des voiries, des accès aux quartiers, des flux touristiques, du stationnement et de la sécurité des axes est centrale. Le réseau routier structure la vie quotidienne, l’activité économique et l’attractivité du territoire. L’absence de propositions claires sur ce sujet interroge. Une équipe municipale ne peut pas faire l’impasse sur une vision cohérente de l’organisation des déplacements et de l’entretien des infrastructures.

La sobriété peut aussi poser question. Un programme allégé donne moins de visibilité sur les choix précis à venir. Moins de déclarations d’intention signifie aussi moins d’engagements formalisés. Tout dépendra donc de la cohérence interne de l’équipe et de sa capacité à transformer cette posture mesurée en décisions structurées.

La différence avec une approche plus idéologique est nette. Ici, le discours semble vouloir rassurer plutôt que mobiliser. Moins de grandes annonces, davantage de continuité et de stabilité affichée. Cela peut séduire un électorat attaché à la gestion concrète et à l’expérience.

Reste une interrogation centrale : la sobriété est-elle le signe d’un pragmatisme assumé ou d’un projet encore en construction ? Les électeurs devront juger non seulement l’intention, mais la capacité à produire une vision claire pour la ville.

En matière municipale, l’équilibre est toujours délicat. Trop de promesses fragilise la crédibilité. Trop de retenue peut donner le sentiment d’un manque d’ambition. Entre les deux, il y a la gestion réelle, celle qui se mesure dans les actes plus que dans les slogans.

Par contre, je ne connais pas leur programme de campagne, puisque je ne reçois rien dans ma boîte aux lettres. Ou, peut-être, fais-je partie de cette population qu'il faut négliger. Ce n'est qu'un sentiment personnel, pas une attaque ciblée.

 

Article "Dauphiné Libéré"

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Monsieur Eric Peythieu

Le parcours d’un élu capable de siéger au sein de deux municipalités successives d’orientations politiques différentes mérite attention. Cela peut être perçu comme une forme d’opportunisme. Mais cela peut aussi révéler autre chose : une capacité d’adaptation, une lecture pragmatique des enjeux locaux, voire une indépendance vis-à-vis des étiquettes.

Dans une élection municipale, l’idéologie pèse moins que la compétence et la connaissance du terrain. Un élu qui a travaillé avec des équipes d’obédiences différentes a nécessairement acquis une vision transversale des mécanismes internes, des forces et des limites de chaque approche.

Je ne connais pas personnellement l’homme. Mais à travers ses prises de position et les choix qu’il a semblé défendre, on peut avoir le sentiment qu’il est davantage préoccupé par le sort concret de la ville de Briançon que par des orientations strictement partisanes. Si tel est le cas, ce type de profil devient précieux. Pour une commune, ce sont ces compétences ancrées dans le terrain et dégagées des querelles d’étiquette qui peuvent devenir indispensables. Cela reste bien sûr une opinion personnelle.

Cette expérience peut constituer un atout. Elle permet de comprendre les rouages, d’anticiper les blocages et d’éviter les erreurs déjà commises. Reste à savoir si cette transversalité est guidée par la cohérence d’un projet local ou par la simple logique des alliances.

Dans une ville comme Briançon, où les clivages peuvent vite devenir personnels autant que politiques, un profil capable de naviguer entre sensibilités opposées peut jouer un rôle d’équilibre. Encore faut-il que cette capacité serve une vision claire et assumée.

 

Source "France Info"
Source "France Info"

Source "France Info"

Les oubliés des recettes touristiques

Dans un territoire touristique, le véritable indicateur à surveiller n’est pas seulement l’immobilier, mais le prix de la vie courante. Lorsque les habitants paient leurs courses au même tarif que les visiteurs de passage, un déséquilibre s’installe. Le touriste supporte un surcoût temporaire. Le résident, lui, le subit toute l’année.

En zone de montagne, la pression commerciale liée à la saisonnalité peut se comprendre. Mais lorsque cette logique devient permanente alors que les salaires locaux ne suivent pas, le tissu social se fragilise. Retraités, employés, saisonniers et familles ne vivent pas du tourisme comme certains secteurs en bénéficient. Ils doivent pourtant faire face à des coûts de vie souvent supérieurs à la moyenne nationale.

À terme, cette situation érode les classes moyennes, freine l’installation des jeunes actifs et transforme l’attractivité résidentielle en simple attractivité touristique. Une ville ne peut pas devenir un décor saisonnier où l’on vit au prix fort toute l’année.

Si une municipalité ne contrôle pas directement les tarifs des enseignes, elle peut agir indirectement : soutenir le commerce local, encourager les circuits courts, favoriser la concurrence et intégrer cette donnée dans sa stratégie globale.

Gouverner un territoire touristique, ce n’est pas seulement en promouvoir l’image. C’est préserver un équilibre entre économie et justice locale, entre visiteurs et habitants. La question essentielle reste simple : le territoire demeure-t-il accessible à ceux qui y vivent toute l’année ?

 

Article "Dauphiné Libéré"

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Jardin public ou gare routière ?

Une gare routière ne s’aménage pas comme un jardin public. Elle doit d’abord répondre à une logique de flux, de sécurité et d’efficacité. Les bus ne sont pas des bancs que l’on dispose au gré d’un dessin paysager. Un quai mal pensé, une circulation mal orientée, et c’est toute la mécanique qui se grippe.

Mettre des bus en enfilade peut sembler esthétique sur un plan. Sur le terrain, c’est souvent source de blocages, de manœuvres inutiles, de perte de temps et de risques supplémentaires pour les usagers. Une organisation en épi, orientée vers la sortie, permet des départs fluides, une meilleure visibilité et une rotation plus rapide. Dans un pôle d’échanges, la fluidité prime toujours sur l’effet visuel.

Mais au-delà du dessin technique, il y a une règle de bon sens : une gare routière ne se conçoit pas uniquement dans un cabinet d’architecte extérieur. Elle doit s’élaborer en concertation avec ceux qui l’utilisent au quotidien. Les transporteurs connaissent les contraintes de manœuvre, les temps de rotation, les gabarits réels des véhicules. Les taxis savent comment se répartissent les arrivées. Les usagers savent où se créent les zones de tension, les attentes inutiles, les parcours compliqués. Ignorer cette expertise de terrain, c’est prendre le risque d’un bel équipement peu fonctionnel.

Il faut aussi rappeler que certaines idées ne surgissent pas de nulle part. La passerelle au-dessus des voies, par exemple, fait partie des propositions que j’évoque depuis plus de quinze ans. La voir aujourd’hui intégrée au projet ne me dérange pas, bien au contraire. Si des réflexions publiées sur mon blog ont pu nourrir ou inspirer des décisions municipales, c’est une bonne chose. Le but n’a jamais été de critiquer pour le plaisir, mais de faire avancer des solutions concrètes.

Une ville progresse quand les idées circulent, même si elles ne sont pas signées. L’important n’est pas l’auteur, mais la pertinence. Encore faut-il que l’ensemble du projet respecte une cohérence fonctionnelle. Une gare routière est un outil de mobilité, pas un décor. Si l’on veut qu’elle serve réellement les habitants et les usagers, il faut penser d’abord efficacité, sécurité et logique de circulation.

C’est là que se joue la différence entre communication urbaine et ingénierie urbaine.

 

Photo personnelle

Photo personnelle

Dégradations volontaires

Il y a quelque chose de profondément révélateur dans ces autocollants collés sur des panneaux de sécurité. Ce n’est pas une simple fantaisie urbaine. Ce n’est pas un geste anodin. C’est une dégradation.

Un panneau de sécurité n’est pas un support d’expression libre. Il a une fonction précise : informer, prévenir, protéger. Quand on y colle des étiquettes, même petites, même “militantes”, on altère sa lisibilité et on détourne son rôle. Dans certains cas, cela peut même créer une confusion ou masquer une information importante.

Et il faut préciser une chose : ces dégradations ne concernent pas ce seul panneau. On en voit un peu partout en ville. Signalisation, mobilier urbain, équipements publics… cela devient presque banal. Or la banalisation de la dégradation est en soi un problème. Elle donne le sentiment que l’espace public est sans règle ni vigilance.

On peut aimer le street art, on peut défendre l’expression populaire, on peut même trouver cela “vivant”. Mais la liberté d’expression ne donne pas le droit d’utiliser n’importe quel support, encore moins un équipement destiné à la sécurité publique.

Dans la plupart des cas, ce type d’acte relève juridiquement de la dégradation légère de bien public. Et oui, cela peut donner lieu à des poursuites. Pas parce que l’autocollant est politique, sportif ou humoristique. Mais parce que le support appartient à la collectivité.

Cela relève aussi de la vigilance municipale. Entretenir, nettoyer, prévenir, et le cas échéant engager des poursuites lorsque c’est nécessaire. Non par esprit répressif, mais pour rappeler que l’espace public est un bien commun, pas un terrain d’appropriation individuelle.

Il y a une différence entre s’exprimer et détériorer. Une ville ne peut pas fonctionner si chacun décide que le mobilier urbain devient un tableau personnel.

Ce n’est pas une question d’idéologie. C’est une question de respect du bien commun.

On veut souvent des villes propres, entretenues, lisibles. Mais cela commence par des gestes simples : ne pas dégrader ce qui est fait pour tous. La collectivité finance ces équipements. Ce sont donc les habitants qui paient la remise en état.

Ce genre d’acte paraît insignifiant. Il ne l’est pas. Il installe l’idée que l’espace public est sans règle. Or une société sans règle partagée ne tient pas longtemps.

La liberté ne consiste pas à faire n’importe quoi n’importe où. Elle consiste à savoir où s’arrête son propre espace et où commence celui des autres.

Il ne faut pas confondre civisme, excès de discipline et flicage.

 

Copies d'écran personnelles
Copies d'écran personnelles

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Dauphiné Libéré et abonnement

Je me suis abonné au Dauphiné Libéré. J’ai payé. Logique : un travail journalistique mérite rémunération. Jusque-là, rien à redire.

Mais pour accéder au site, il faut accepter les cookies publicitaires. Autrement dit, payer ne suffit pas. Il faut aussi consentir à l’exploitation de ses données et à la publicité ciblée.

C’est là que le paradoxe apparaît.

Historiquement, l’abonnement servait justement à supprimer la publicité. On payait pour accéder au contenu sans être monétisé en plus. Aujourd’hui, on paie et on reste intégré dans le circuit publicitaire. Refuser les cookies revient à perdre l’accès ou à devoir choisir une autre formule.

On se retrouve donc dans une situation étrange : financer un média tout en continuant à être le produit.

Bien sûr, on comprend l’équation économique. La presse souffre, les revenus publicitaires sont indispensables, les modèles hybrides se multiplient. Mais la question n’est pas technique, elle est de principe. Si l’on paie, ne devrait-on pas pouvoir accéder au contenu sans être intégré à une logique publicitaire étendue ?

Je m’étais abonné pour être informé sérieusement des quelques informations locales qui tiennent la route, notamment à l’approche des élections. Or, dans ces conditions, l’expérience devient confuse et frustrante. L’impression domine que l’on paie sans bénéficier d’un accès simple, clair et cohérent.

Il faut ajouter que l’information locale proposée donne parfois le sentiment de viser un public ou certains sujets de manière privilégiée, au détriment d’une vision plus large et plus équilibrée de l’actualité du territoire. Le journalisme, à mes yeux, consiste d’abord à informer l’ensemble des citoyens, sans orientation apparente ni ciblage préférentiel.

À défaut de trouver ce cadre-là, je continuerai donc à aller chercher mes informations ailleurs. Non par hostilité, mais par exigence de clarté. S’informer ne devrait pas relever d’un parcours d’obstacles numérique.

Le problème n’est pas la publicité en soi. Le problème est la superposition : payer pour lire et continuer à être monétisé.

À force d’empiler les modèles, on finit par créer un malaise. L’information devient à la fois un produit vendu et un vecteur d’exploitation commerciale.

C’est peut-être cela, le véritable paradoxe numérique : on achète le journal, mais on reste dans la vitrine.

Ces lignes n’engagent que moi.

Bonne journée à tous.

 

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