Briançon, ville hôtels ou ville dortoir ?
Le béton au service des touristes
qui viennent chercher l'authentique
la ville-hôtel, les hôtels vides et les trottoirs dégradés
Briançon donne de plus en plus l’image d’une ville qui se construit pour les visiteurs plutôt que pour ses habitants. Les projets immobiliers touristiques se multiplient, les hôtels poussent dans presque tous les quartiers disponibles, et des centaines de lits supplémentaires s’ajoutent chaque année, alors même qu’une grande partie reste inoccupée hors saison. Cette croissance orientée vers l’accueil temporaire donne le sentiment que la ville se transforme progressivement en « ville-hôtel », un espace pensé pour ceux qui ne restent que quelques jours et qui n’ont pas à supporter les défauts du quotidien.
Dans le même temps, les habitants doivent affronter une réalité bien différente. Les routes restent défoncées, les trottoirs sont abîmés ou inexistants, et de nombreux espaces publics se dégradent faute d’entretien. Alors que les investissements touristiques se font visibles et rapides, les infrastructures essentielles du quotidien semblent reléguées au second plan, parfois pendant des années. Ce contraste crée une impression d’abandon pour ceux qui vivent ici toute l’année, obligés de composer avec des aménagements vieillissants et des trajets parfois dangereux.
Ce décalage entre le clinquant touristique et le vécu réel des habitants montre un déséquilibre dans les priorités municipales. Une ville ne se construit pas uniquement par ses hôtels ou par ses résidences de passage. Elle se construit par la qualité de vie de ceux qui y résident, par l’entretien des voiries, par la sécurité des cheminements, par la présence d’espaces publics accueillants et fonctionnels. L’erreur est de croire que les projets visibles suffisent à donner de la valeur à une commune. Une ville peut attirer des visiteurs, mais elle ne peut pas se développer durablement si elle néglige ceux qui la vivent de l’intérieur.
les “lits chauds”, Airbnb et le logement impossible pour les habitants
Dans le discours politique local, l’expression « lits chauds » revient régulièrement, comme si elle résumait à elle seule la stratégie de développement de la ville. Pourtant, derrière cette formule apparemment technique se cache une orientation très claire : ces lits ne sont destinés qu’aux touristes, jamais aux habitants. Les investissements portent sur des hébergements de passage, sur des résidences touristiques et sur des projets destinés à accueillir une clientèle saisonnière, tandis que les résidents permanents peinent de plus en plus à trouver un logement stable et abordable.
La généralisation des locations Airbnb a accentué ce phénomène en absorbant une grande partie du parc locatif traditionnel. Des appartements autrefois loués à l’année sont désormais réservés à des séjours de quelques jours, ce qui réduit considérablement l’offre pour les familles, les travailleurs et les jeunes qui cherchent à s’installer durablement. Les loyers augmentent, les baux classiques disparaissent, et il devient difficile de se loger même en ayant un emploi stable. Pendant ce temps, les élus continuent de parler de « lits chauds » sans préciser qu’ils ne concernent que les visiteurs de passage.
Cette situation traduit une orientation mal équilibrée. La ville se transforme peu à peu en station touristique, au détriment de sa population permanente. Une commune peut augmenter son attractivité, mais elle ne peut pas survivre si elle n’offre plus de logements à ceux qui y vivent. En privilégiant systématiquement l’hébergement touristique, la politique locale crée un déséquilibre qui fragilise l’identité même de la ville. Les habitants ne demandent pas des « lits chauds », mais des logements accessibles, stables et adaptés à la vie quotidienne. Une ville qui ne loge plus sa population cesse d’être une communauté vivante : elle devient un décor transitoire.
L'image du sport comme sésame.
Le maire de Briançon donne l’impression de s’occuper de la population en mettant en avant un parc des sports flambant neuf à plus de quinze millions d’euros. Pour une ville déjà surendettée, c’est un clou de plus enfoncé dans la dette, mais présenté comme une prouesse. Ce type de projet brille bien sur les photos, se prête aux inaugurations et donne l’illusion d’une bonne gestion. Pendant ce temps, l’essentiel est laissé de côté. La patinoire de Briançon tombe en ruine, l’intérieur est dans un état épouvantable, mais comme ça ne se voit pas depuis la rue, il n’y a aucune urgence à y toucher. Remettre en état ce qui existe déjà ne rapporte rien en termes d’image et n’offre aucune scène de communication.
Et pour le reste, en dehors du tout-venant géré par la CCAS, le sort des Briançonnais de base est totalement négligé. Ce qui relève du quotidien, des besoins réels, de la vie locale, passe après les projets visibles. Le maire s’imagine excellent gestionnaire parce qu’il s’occupe du sport, mais il choisit uniquement ce qui flatte son image, pas ce qui sert réellement ceux qui vivent ici à l’année.
La gloire du maire avant les besoins de la population.
Briançon donne aujourd’hui l’image d’une commune où le maire semble davantage tourné vers les touristes et les promoteurs que vers les habitants. La politique municipale récente montre une orientation très marquée vers le développement hôtelier, les opérations visibles et les projets destinés à renforcer l’attractivité touristique. Tout semble construit pour ceux qui viennent quelques jours par an, pas pour ceux qui vivent ici toute l’année.
La multiplication des hôtels et des résidences touristiques illustre cette tendance. Les investissements se concentrent sur des infrastructures destinées à accueillir les visiteurs, tandis que les besoins quotidiens des habitants sont relégués à l’arrière-plan. Le logement permanent se raréfie, les loyers augmentent, et les locations saisonnières de type Airbnb occupent de plus en plus de place. Trouver un logement stable devient un défi, alors même que de nouveaux “lits chauds” sont créés en continu pour le tourisme.
Ce décalage se retrouve aussi dans l’état de la ville. Alors que les programmes de promotion immobilière avancent rapidement, les habitants circulent sur des routes abîmées, des trottoirs dégradés ou inexistants, et des espaces publics qui se détériorent sans entretien suffisant. Le contraste entre les investissements privés brillants et la réalité du quotidien est de plus en plus frappant.
Cette situation donne le sentiment que le maire agit davantage comme l’intermédiaire des promoteurs que comme le représentant de la population. Les projets valorisés sont ceux qui se voient, qui s’inaugurent, qui permettent une communication flatteuse. Les besoins moins spectaculaires mais essentiels, comme la voirie, le logement accessible, les services de proximité et la qualité de vie des résidents, semblent relégués au second plan.
Il s’agit d’une erreur politique importante. Une ville ne vit pas grâce aux touristes, mais grâce à ceux qui y habitent. Une commune qui se transforme en ville-hôtel finit par perdre son tissu social, sa main-d’œuvre, ses commerces de proximité, et même son identité. Les habitants ne sont pas un décor : ils sont la condition même de la vie d’une ville.
Aujourd’hui, le message implicite ressemble à ceci : le meilleur de Briançon serait les touristes et les promoteurs. Pourtant, ce qui fait la force d’une commune, ce sont ses habitants, ceux qui la font vivre au quotidien. Les politiques publiques devraient refléter cette réalité fondamentale, sans quoi Briançon risque de devenir un lieu de passage plutôt qu’un lieu de vie.
Il n'est pas utile ici, de remettre toutes les images des dégradations, de la ville, de tout ce qui est abandonné, de la crasse chronique de certains quartiers, du manque réel d'infrastructures routières, notamment les trottoirs manquants.
On a l'impression que l'image de la ville passe d'abord par les réfections de voirie effectués par le conseil général et par l'État. Cette récupération d'image médiatique n'est que le reflet de l'impuissance du maire à réellement travailler pour ses administrés.
Il ne suffit que de parcourir mes nombreuses pages de ce blog, égayées de photos, pour constater la négligence coupable d'un maire omnipotent qui ne fonctionne que pour sa gloriole personnelle.
À Briançon, même le parrainage a fini par ressembler à la promotion immobilière : ça s’échange, ça se planque, ça se revend. Et puis franchement, Bruno Lemaire ce n'est pas une référence en matière de fonctionnement en faveur des administrés, ce serait même presque le contraire.
Bonne journée à tous.
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