Briançon, chevalier sans bannière
L'autosatisfaction, c'est génial
Une brochette d'autosatisfaction
Leur problème, c’est de vouloir matérialiser ce qu’ils ne sont pas, plus ils cherchent à imposer une image d’eux-mêmes, plus ils révèlent le doute intérieur qui les habite.
Quand un homme a besoin d’être constamment validé, applaudi ou confirmé par les autres, c’est souvent qu’il ne parvient plus à se reconnaître lui-même.
La véritable force n’a pas besoin de mise en scène permanente, elle existe sans réclamer l’approbation du monde. Ceux qui cherchent sans cesse à devenir une image finissent parfois par disparaître derrière elle.
Car vouloir être “quelqu’un” aux yeux de tous peut conduire à ne plus savoir qui l’on est réellement au fond de soi.
L’obsession de la reconnaissance pousse certains hommes à accumuler les artifices : médailles, titres, diplômes, fonctions, décorations ou honneurs parfois mérités… parfois beaucoup moins. Comme si l’être humain devait constamment prouver sa valeur par des symboles visibles.
Pourtant, plus certains exhibent leurs distinctions, plus ils donnent parfois l’impression de chercher à combler un vide intérieur.
Car celui qui est réellement solide n’a pas toujours besoin d’étaler ce qu’il est, il agit, il vit, il pense, sans transformer son existence en vitrine permanente.
Beaucoup veulent être admirés avant même d’être compris.
Alors ils construisent une image sociale censée rassurer les autres… mais surtout eux-mêmes. La reconnaissance devient alors une dépendance, et plus elle grandit, plus le doute intérieur réclame d’être nourri.
Certains finissent même par confondre leur valeur humaine avec les signes extérieurs qu’ils portent sur eux.
Pourtant, une médaille ne donne pas une conscience. Un diplôme ne donne pas l’intelligence profonde.
Un titre ne donne pas la dignité. Et le pouvoir ne transforme pas automatiquement un homme en être supérieur.
La vraie valeur d’un être apparaît souvent dans ce qu’il est capable de rester lorsqu’on lui retire tout le décor.
Liste non exhaustive
Le mérite des trous
On m’explique parfois que certaines distinctions récompensent le mérite, le dévouement ou l’efficacité au service du public.
Pourtant, il suffit parfois de marcher dans certaines rues pour s’interroger.
Trottoirs dégradés, chaussées affaissées, avaloirs obstrués, murs tagués, mobiliers urbains abandonnés, accès difficiles pour les personnes âgées ou à mobilité réduite… autant de détails qui finissent par composer le décor quotidien d’une ville.
Aucun maire ne peut tout résoudre, personne ne le prétend. Mais lorsque les années passent et que les mêmes dégradations demeurent, le citoyen est en droit de se demander ce qui justifie certaines récompenses officielles.
Le mérite ne devrait-il pas se mesurer d’abord à l’état concret des lieux dont on a la responsabilité ?
Une médaille est un symbole. Un trottoir entretenu, une voirie praticable ou un espace public propre sont des réalités.
Les symboles honorent les discours.
Les réalisations honorent les habitants.
Et lorsqu’un citoyen voit davantage de plaques commémoratives que de réparations durables, il lui arrive parfois de se demander si l’on récompense le travail accompli… ou simplement la fonction occupée.
Les copains des copains
On nous parle souvent de mérite, de compétence, de sélection rigoureuse et d’égalité des chances. C’est une belle théorie. Dans la pratique, certains parcours paraissent pourtant étonnamment fluides. Des portes s’ouvrent, des nominations tombent, des distinctions apparaissent, des carrières s’accélèrent. Et lorsque l’on regarde d’un peu plus près, on découvre parfois que le hasard possède beaucoup de cousins. Les copains connaissent des copains, qui connaissent d’autres copains, lesquels fréquentent les décideurs, les nommés, les décorés et les influents. Ainsi naît ce que l’on appelle pudiquement le réseau. Le citoyen ordinaire remplit des dossiers pendant que le relationnel remplit les fauteuils. Il ne s’agit pas de prétendre que tous les nommés sont incompétents. Beaucoup méritent leur place. Mais lorsque les mêmes cercles se retrouvent partout, lorsque les recommandations pèsent davantage que les réalisations, la confiance finit par s’éroder.
Le mérite devient alors une monnaie à géométrie variable. Certains doivent franchir cent obstacles pour obtenir une simple reconnaissance, tandis que d’autres semblent recevoir l’impossible avec une facilité déconcertante. La République proclame l’égalité des chances, mais les relations pratiquent parfois la priorité d’accès. Et lorsque les citoyens constatent ce décalage entre le discours et la réalité, ils cessent progressivement de croire aux cérémonies, aux décorations et aux titres. Car une distinction n’a de valeur que si elle récompense réellement l’action. Sinon, elle risque de devenir un simple échange de poignées de main entre habitués du même salon, où l’on finit par confondre reconnaissance du mérite et reconnaissance mutuelle entre initiés.
Il y avait un article sur le Dauphiné Libéré. Avant on avait accès directement par Internet, au moins aux titres, maintenant on passe par la case abonnement quasi obligatoire. Comme en plus la formule d'abonnement est compliquée, on se dit qu'un journal qui nous vend des puérilités et des infos sportives des journaux de la veille, c'est cher payé le kilo de papier noirci.
On peut s'interroger sur une époque où l'accès à certaines informations locales devient de plus en plus conditionné par des abonnements payants. Une démocratie vivante suppose pourtant que les citoyens puissent s'informer facilement sur ce qui les concerne directement.
Les médailles à la tonne de béton.
Il fut un temps où les distinctions récompensaient des actes exceptionnels, des services rendus ou des réalisations visibles. Aujourd’hui, le citoyen peut parfois s’interroger. Lorsqu’il traverse des rues dégradées, contourne des trottoirs éventrés, observe des équipements laissés à l’abandon ou des travaux sans cesse reportés, il découvre parfois que certains responsables reçoivent malgré tout les honneurs de la République.
Alors une question surgit naturellement : à quel mérite correspond exactement la récompense ? Est-ce celui des discours, celui des inaugurations, celui des relations entretenues dans les bons cercles, ou celui des réalisations concrètes que les habitants constatent chaque jour ?
Le paradoxe devient parfois saisissant. Plus les problèmes visibles s'accumulent, plus les décorations semblent fleurir. Comme si la reconnaissance officielle obéissait à des règles différentes de celles du simple bon sens. Le citoyen regarde sa rue. Les institutions regardent les dossiers. Et les deux n'aboutissent pas toujours aux mêmes conclusions.
Personne n'attend la perfection d'un maire, d'un élu ou d'un responsable public. Administrer une commune est une tâche difficile. Mais lorsque la réalité quotidienne paraît contredire les éloges officiels, le doute s'installe. La médaille cesse alors d'apparaître comme une récompense du mérite pour devenir, aux yeux de certains, un simple symbole de reconnaissance entre membres d'un même système.
Le mérite véritable est souvent discret. Il se voit dans les résultats, dans l'entretien du quotidien, dans les problèmes résolus plus que dans les cérémonies organisées. Une rue praticable, un service efficace, un citoyen écouté valent parfois davantage qu'un ruban accroché à une veste.
Car au bout du compte, le béton fissuré parle souvent plus sincèrement que les discours.
J'avais prévu de me rendre à la réunion concernant la gare. Puis j'ai appris que son issue était déjà connue avant même qu'elle ne commence. Dès lors, quel intérêt ?
Discuter de ce qui est déjà décidé revient souvent à habiller une décision prise ailleurs.
Les principaux concernés ont parfois le sentiment d'être consultés, mais rarement celui d'être entendus.
Bonne journée à tous.
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