Saturation d'intox
Avec l'informatique il devient
difficile de trouver du réel
L’intoxication des fausses informations
Aujourd’hui, l’informatique nous abreuve d’images, de messages et de “preuves” qui n’en sont pas. Nous vivons dans un univers où tout circule à une vitesse impossible à contrôler, et où chacun peut fabriquer sa propre vérité en quelques clics. Les réseaux sociaux, les chaînes d’information, les blogs et même certains médias traditionnels participent malgré eux à un immense brouillard où le réel devient difficile à distinguer du montage. L’intoxication ne vient pas seulement de ceux qui inventent sciemment des histoires : elle vient aussi de la masse de gens qui partagent sans vérifier, convaincus que la rapidité vaut mieux que la prudence. C’est cette précipitation collective qui transforme un simple doute en certitude mondiale.
Les fausses informations fonctionnent parce qu’elles jouent sur les émotions. On clique quand on a peur, on partage quand on est outré, on s’indigne plus vite qu’on ne réfléchit. Une information exacte demande du temps, de la nuance, parfois des chiffres et des sources ; une intox, elle, n’a besoin que d’une image frappante ou d’une phrase choc. Ce déséquilibre est devenu une stratégie : plus une info est simpliste, plus elle se propage. Ce n’est pas la vérité qu’on poursuit, mais la sensation. Et dans cette course, les manipulateurs prospèrent.
Les gouvernements, les partis politiques, les groupes idéologiques et même certains influenceurs ont bien compris ce mécanisme. L’intox devient une arme : on crée une peur, puis on propose une solution ; on invente un ennemi, puis on rassemble ceux qui veulent le combattre. Le citoyen n’est plus informé : il est orienté. Et quand tout le monde est persuadé d’être “dans le vrai”, plus personne ne cherche à vérifier. On n’analyse plus un discours : on part à la chasse aux failles, aux maladresses, à ce qui confirmera notre intuition du moment. La politique, aujourd’hui, ne se vit plus comme une réflexion, mais comme un réflexe pavlovien.
À force de saturer l’espace public de fausses nouvelles, de rumeurs, de montages et de demi-vérités, la société entre dans une forme de paranoïa linguistique où chaque mot est suspect, chaque phrase interprétée, chaque geste disséqué. On ne s’intéresse plus au fond : on cherche ce qui pourrait être faux. Le doute devient permanent, parfois utile, mais trop souvent destructeur. Ne plus croire personne finit par être aussi dangereux que de croire n’importe quoi.
L’intoxication générale ne réside pas seulement dans les mensonges qu’on nous sert, mais dans la perte progressive de notre propre discernement. À trop vouloir vérifier, on finit par ne plus comprendre ; à trop vouloir comprendre, on finit par rejeter tout ce qui dérange ; et à force de rejeter, on perd le contact avec le réel. L’informatique, qui devait nous éclairer, devient alors le brouillard même qui nous empêche de voir. Nous devons réapprendre à penser lentement, à douter intelligemment, et surtout à nous méfier de cette facilité numérique qui nous donne l’impression de savoir alors que nous ne faisons qu’avaler des illusions.
Niqué la mouche !!!!
Au début, comme tout le monde, je me suis fait niquer. Pas par bêtise, mais parce que l’informatique balance aujourd’hui des informations tellement vite et tellement bien emballées qu’on finit par avaler n’importe quoi sans réfléchir. Une image crédible, un titre bien tourné, un commentaire qui semble sincère, et voilà : on mord à l’hameçon. On partage, on s’énerve, on croit agir en personne informée, alors qu’en réalité on devient juste un relais pour ceux qui manipulent.
Et puis, un jour, j’ai commencé à remarquer la répétition. Toujours les mêmes phrases virales, les mêmes indignations recyclées, les mêmes “révélations” trop parfaites pour être honnêtes. L’outrance a fini par attirer mon attention. C’est là que j’ai commencé à me méfier. Quand une information apparaît trop souvent, toujours au bon moment pour servir quelqu’un, ce n’est plus une information : c’est une manœuvre.
Depuis, j’ai changé ma façon de faire. Je vérifie les sources, je croise les données, je prends du recul. Et j’ai compris une chose : les outils informatiques qui servent à tromper peuvent aussi servir à voir clair. L’intelligence artificielle, quand on la manipule correctement, permet de repérer les incohérences, de retrouver l’origine d’un texte, de reconnaître une image truquée, de comprendre d’où vient une rumeur. C’est une loupe posée sur le brouillard. Elle ne remplace pas le discernement, mais elle renforce la vigilance.
C’est pour cela que je mets en garde : tout le monde peut tomber dans le panneau, même les plus prudents. La manipulation moderne est rapide, propre, bien présentée, et elle joue sur nos émotions avant qu’on ait le temps de réfléchir. Elle sert les détracteurs, les opportunistes, mais surtout la politique — qui sait très bien comment orienter une opinion avec peu de choses.
Aujourd’hui, je préfère avancer avec méfiance, utiliser les outils à ma disposition pour éclaircir ce qui est trouble, et surtout ne plus accorder ma confiance à la première image venue. L’intelligence artificielle n’est pas un danger en soi : elle devient une force dès qu’on l’utilise pour remettre les choses à leur place et pour déjouer les tromperies. Si je partage cette expérience, c’est pour rappeler qu’on peut éviter bien des pièges… à condition d’ouvrir les yeux et d’utiliser correctement les moyens modernes dont on dispose.
C'est aussi pourquoi je prends de plus en plus de recul sur tout ce qu'on me balance sur Internet, Facebook mais aussi "X", Instagram et autres, même si je ne vais que très rarement sur ces derniers.
C'est aussi la raison pour laquelle dans mes livres, désormais, en dernière page je précise ce qui est de mes écrits, entièrement de moi, aucun roman ni autre texte autobiographique n'est "écrit" par une IA, parce que dans ce domaine aussi il y a de plus en plus de livres qu'aucun auteur n'a réellement écrit, un furoncle pour la vraie littérature.
Internet donne tout mais déforme tout ; à force de se faire pigeonner, on finit par devenir méfiant — et c’est peut-être la seule défense qui nous reste.
Bonne journée à tous et soyez méfiant, pur détruire et ensorceler rien de tel que les "fakes" de plus en plus nombreux, même des services officiels.
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