Les nantis du privé que les fonctionnaires envient

Publié le par François Ihuel

 

D'avoir travaillé dans le privé et dans le secteur public ça aide à comprendre beaucoup de choses.

 

Les nantis du privé que les fonctionnaires envient
Les nantis du privé que les fonctionnaires envient

Un organisme de retraite complémentaire.

KLÉSIA ça s'appelle, pour mes cinquante deux ans d'activités, sans compter le double emploi occupé de 1984 à 2000, cet organisme me verse la somme de 143,16 euros par mois mais seulement depuis le 1er Janvier 2020, avant c'était 141,75 euros.

Quelques employeurs chez qui j'ai travaillé dans les années 1967/1990 n'ont pas été pris en compte, certains ne m'ont pas déclaré et d'autres semblent avoir échappés au calcul de ma retraite, mais comme ce n'est pas moi qui gère je n'ai aucun contrôle ni pouvoir.

Il est vrai aussi que les impôts prélevés à la source, 10 %, sont déduits.

Vu les sommes qu'on m'a retenues pendant cinquante deux ans je ne doute pas un instant que, vu le nombre de cotisants obligatoires - j'aime bien les cotisations obligatoires arbitraires - je ne doute pas un seul instant qu'il soit indispensable d'avoir des bureaux clinquants et un presque luxe tapageur, je ne doute pas non plus que ceux qui sont amenés à se rendre en ces lieux ne soient impressionnés par l'étalage d'une telle image qu'ils financent par leur travail, ils aimeraient peut-être voir moins de clinquant pour avoir plus de pouvoir d'achat mais ce ne sont pas les cotisants obligatoires qui décident, ce sont ceux qui les exploitent pour s'enrichir et montrer des signes extérieurs de richesses.

On dit aussi "évolution".

Bref, on pourrait comprendre que les nouveaux calculs des futures retraites inquiètent du monde.

 

Les nantis du privé que les fonctionnaires envient

La "Sécu" fait pas mal non plus.

Pour être honnête ce qui fait ma retraite c'est mon passage d'un peu plus d'une vingtaine d'années dans le secteur public, un an à la SNCF, puis presque deux dans la marine nationale et enfin 18 ans à la RATP, résultat presque 2000 euros de retraite du secteur public.

Oui je sais, je mets des chiffres et ça en défrise quelques-uns mais franchement l'opinion des autres je m'en branle grave, parce que ma retraite du secteur public n'est pas complète, si j'avais fait mes 25 ans de "public" je percevrais environ 2650 euros net et j'aurai gardé les avantages que j'ai perdu en retournant bosser dans le privé bien que j'en bénéficie encore de quelques-uns au titre de retraité. 

Ce qui implique que de travailler pour l'État c'est tout de même plus intéressant que de se casser le cul à bosser durement 42 ans dans le secteur privé tertiaire, d'autant qu'en plus je ne paye pas les transports parisiens, j'ai des avantages indéniables par rapport aux salariés du privé, durant tout mon temps d'activité dans le secteur public je ne payais aucun frais médicaux, la pharmacie était prise entièrement en charge et ça aurait pu continuer si je ne m'étais pas mis à travailler de nouveau dans le secteur privé.

Je bénéficiais d'assurances très performantes à des prix cassés, sans compter les primes diverses et les avantages dus à mon statut d'employé de l'État.

Qui plus est j'avais un comité d'entreprise hyper performant, ayant fait bénéficier à mes sept enfants de vacances d'été comme de vacances d'hiver à des prix qu'aucun salarié du privé ne pourrait obtenir.

Plus quelques autres avantages divers comme des réduction dans les grandes enseignes et certaines de luxe, il n'y a pas à dire, mon passage dans le secteur public a fait de moi un autre homme nantis de n'avoir pas les contraintes et problèmes des salariés de base du secteur privé.

Il est vrai aussi qu'à la RATP, comme à la SNCF, je devais travailler les dimanches - pas tous - les jours fériés, la nuit, ainsi que de sacrifier quelques Noël et jours de l'An. Toutefois, lorsque j'ai été embauché à la SNCF, comme à la RATP, j'ai été informé de ces diverses contraintes et inconvénients en échange de quoi j'avais les avantages plus avant cités. 

Alors j'ai signé après avoir inscrit "lu et approuvé" ce qui fait que j'acceptais en pleine connaissance de cause de travailler le dimanche, les jours fériés , la nuit et autres sans venir m'en plaindre par la suite.

Ayant aussi exercé d'autres emplois très dur dans le secteur privé, avant de rentrer à la RATP puis après en être sorti, je ne travaillais que quelques dimanches, quelque nuits, quelques jours fériés, à peine plus du double des heures que j'effectuais à la RATP sans aucun avantage, ni prime, ni reconnaissance, je payais mes frais médicaux plein pot ainsi que ma pharmacie, et je n'envoyais mes enfants en vacances que parce que je n'exerçais que deux emplois simultanés en me privant volontairement des miennes, je peux comprendre aisément que les actuels salariés du secteur public puissent m'envier d'autant de prouesses. 

Sur 52 années d'emplois - auxquelles il faut ajouter les 18 ans que j'ai exercé en double emploi, ce qui fait 70 annuités complètes - je suis donc fort aise que les organismes qui se chargent d'assurer les retraites des salariés du secteur privé aient fait l'effort de ces augmentations récentes qui me permettent chaque mois d'avoir 2,66 euros de plus pour faire la fête.

Je comprends mieux pourquoi les salariés nantis du secteur public voient d'un mauvais oeil être rabaissé au rang des salariés du secteur privé et j'admets qu'ils puissent empêcher de travailler ceux qui crèvent afin qu'eux ne crèvent pas. 

Parce que si je n'avais pas aujourd'hui la retraite du secteur public je crèverai la dalle dès le 10 de chaque mois, on peut admettre qu'à ce niveau énormément d'autres y soient obligés, non par convenance mais parce que les pouvoirs publics qui financent le privé les laissent crever de ne pouvoir bloquer un pays pour ne serait que quelques euros de plus par mois. 

Parce que si on analyse bien les mouvements sociaux du jour, mouvements uniquement en faveur du secteur public, ce n'est pas pour que ces nantis de l'État aient un peu plus mais pour ne pas se retrouver comme les salariés du secteur privé en train de crever. 

Parce que si je fais le calcul de ce que je devrais percevoir si j'étais soumis à la retraite à point je serais certainement plus nantis que les nantis du public. 

Je sais, ça dérange et je vais encore me faire des copains chez les syndicalistes cégétistes aux ordres de ceux qui les mènent.

C'est juste une petite mise au point pour éclairer un peu ceux qui ne savent pas que de travailler dans le secteur public c'est le refuge qui permet de se régaler en gueulant plus fort que les autres.

Ça n'engage bien entendu que moi.

Parce que dans le secteur public il y en a qui souffrent aussi, ne serait-ce que dans le domaine médical.

Bonne soirée à tous.

 

Pour me rejoindre, continuer à me suivre et partager ce blog,  inscrivez-vous à la newsletter ci-dessous.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article