Le roi Maire

Publié le par François Ihuel

 

Où est la véritable démocratie ?

 

Le roi Maire

Pour une ville gérée par la conscience, pas par l’ego

Ce qu’il faudrait dans les villes, pour qu’une politique redevienne intelligente, ce n’est pas un maire omnipotent, c’est un conseil d’administration municipale. Parce qu’une ville n’est pas une entreprise privée ni un trône, c’est un organisme vivant — et aucun organisme ne fonctionne avec une seule tête qui décide pour tous.

Depuis trop longtemps la figure du maire s’est confondue avec celle du monarque local, certains se comportent en gestionnaires éclairés, d’autres en seigneurs de canton. Ils distribuent les budgets comme des faveurs, signent des projets qu’ils ne comprendront jamais vraiment, et se servent des habitants comme d’une masse d’électeurs dociles à réveiller tous les six ans. Le reste du temps, le citoyen n’existe plus, il devient spectateur d’un décor qu’il finance sans en dessiner les plans.

Or une ville, c’est un bien commun, c’est un lieu d’échanges, de mémoire, d’avenir, de culture, de services, de solidarité. Et tout cela ne peut tenir debout que si la gestion s’appuie sur des compétences partagées, un maire ne peut pas tout savoir, tout comprendre ni tout assumer. Mais dix ou douze citoyens, issus de domaines différents, pourraient ensemble construire une vision cohérente. Ce serait un véritable conseil d’administration du réel, pas un théâtre politique.

Chaque membre y aurait un rôle défini, un responsable des finances, pour veiller à la transparence et à l’équilibre et un responsable de l’environnement, pour penser la ville sur le long terme, pas sur le béton du mandat. Mais aussi un responsable de la vie sociale, de la culture, des mobilités, du patrimoine…

Chacun apporterait sa part de vérité, et le maire, ou président du conseil, deviendrait simplement le coordinateur d’une intelligence collective.

Une telle structure casserait les petits pouvoirs et les grandes comédies, elle redonnerait aux citoyens la sensation qu’ils font partie de la décision, et à la politique municipale sa dimension humaine, pragmatique, vivante.

Le drame, aujourd’hui, c’est que la politique locale fonctionne encore sur le modèle du XIXᵉ siècle : un homme au sommet, une pyramide d’adjoints, et une base qui subit.

Le monde a changé, les besoins aussi, mais les ego n’ont pas évolué, alors, à défaut de révolution, il faudrait une réforme du bon sens ; remplacer la verticalité par la conscience horizontale.

La compétence au lieu du clientélisme.
La collégialité au lieu de la domination.

Une ville, c’est un organisme collectif, pas un royaume, et tant qu’on confondra la politique municipale avec une carrière personnelle, on continuera à bâtir des façades neuves sur des fondations pourries.

Les recettes fiscales doivent servir à la population, dans le cadre de son fonctionnement, et non à des projets immobiliers qui ne profitent qu’à d’autres — dont les dividendes échappent en totalité aux administrés.

Bonne journée à tous.

 

Publié dans Briançon et politique

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