Briançon : Ascenseur pour la gloire

Publié le par François Ihuel

 

Il est des situations pour lesquelles il faut aller plus loin

 

L'ordre pour servir le désordre

L'ordre pour servir le désordre

Casier vierge et casier doré.

Il y a des paradoxes qui en disent long sur l’époque. Pour entrer dans la police ou la gendarmerie, il faut un casier judiciaire vierge. Zéro tache. Le moindre écart dans sa jeunesse, un faux pas, et la candidature est foutue.

On exige des forces de l’ordre qu’elles soient irréprochables, et pendant ce temps, en politique, c’est l’inverse. Pas besoin de casier vierge pour devenir député, maire ou ministre. On peut traîner des affaires louches, des mises en examen, des soupçons de corruption ou de fraude fiscale, ça ne bloque rien.

Parfois même, ça semble un avantage : ça prouve qu'on sait naviguer dans les magouilles, qu'on fait partie du « vrai monde ».

Voilà donc l’absurdité : Les premiers, censés protéger les citoyens et faire respecter la loi, doivent être propres comme des sous neufs.

Les seconds, censés donner l’exemple et faire les lois, peuvent être vérolés jusqu’à l’os.

Et c’est cette caste, parfois douteuse, qui donne des ordres à la police qu’on oblige à rester impeccable.

Chercher l’erreur.

 

Marchés publics privés

Marchés publics privés

Les dessous des marchés publics des déchets.

Un parfum de corruption ?

Quand on parle de ramassage des déchets et de recyclage, on pense souvent aux camions poubelles, aux bacs de tri, ou encore aux « molochs » que l’on retrouve désormais à chaque coin de rue. Mais derrière cette façade se cache une réalité beaucoup plus lourde : Un marché colossal, juteux, et parfois douteux.

Les appels d’offres pour la gestion des déchets municipaux représentent des sommes faramineuses : des millions pour une ville moyenne, des centaines de millions pour une grande agglomération. Ces contrats, qui s’étalent souvent sur 7, 10 ou même 15 ans, sont de véritables pépites financières pour les géants du secteur comme Veolia, Suez ou Derichebourg.

Et quand il y a beaucoup d’argent en jeu, il y a toujours la tentation des soupçons de corruption : plusieurs affaires judiciaires ont déjà révélé des arrangements troubles entre élus et sociétés de collecte. Du lobbying permanent. Voyages, invitations, sponsoring d’événements municipaux… les entreprises savent comment « fidéliser » une mairie. 

Une opacité organisée : les appels d’offres sont truffés de clauses techniques incompréhensibles pour le citoyen, ce qui laisse la porte ouverte à toutes sortes de magouilles. Des petites communes désarmées, faute de moyens, acceptent des tarifs imposés, souvent bien supérieurs au coût réel du service.

Résultat, le consommateur est le grand perdant. Il paye trois fois : 1. Quand il achète son produit avec un emballage qu’il finance déjà. 2. Quand il s’acquitte de sa taxe d’ordures ménagères. 3. Quand l’entreprise de collecte revend ensuite ce même emballage trié pour en tirer un nouveau bénéfice.

Et derrière ce système bien huilé, il est fort probable que certaines municipalités profitent de « petits arrangements » pour favoriser tel ou tel prestataire. Le contribuable, lui, n’a pas son mot à dire.

En clair nous payons pour jeter, et d’autres encaissent pour récupérer. Une double peine… avec, en prime, le soupçon qu’une partie de nos impôts alimente des réseaux d’intérêts qui n’ont plus rien à voir avec l’intérêt général

 

Briançon : Ascenseur pour la gloire

Le racket des emballages.

La grande entourloupe des poubelles modernes commence dès le supermarché. Lorsqu’un produit est acheté ce n’est pas seulement son contenu qui est payé, mais aussi son emballage, lequel peut représenter une part importante du prix final. Cartons brillants, plastiques multiples, couches de protection superflues… ces artifices sont présentés comme une modernité, alors qu’ils alimentent en réalité un flot de déchets financé par le consommateur lui-même.

Une fois arrivé à domicile, l’emballage appartient à l’acheteur : il a été réglé avec le produit. Mais il faut ensuite s’en débarrasser, ce qui implique une seconde facture. Taxe d’ordures ménagères, collecte, tri : une ponction supplémentaire.

Le processus ne s’arrête pas là. Car une fois collectés, triés et compactés, ces emballages – déjà payés deux fois – sont revendus à des industriels. Cartons, plastiques, métaux, verre : tout possède une valeur sur le marché mondial. Les grands groupes spécialisés dans la gestion des déchets, comme Veolia, tirent des marges confortables en revendant ce que les consommateurs ont financé à l’achat et à l’évacuation.

Le schéma est clair : Paiement pour acquérir l’emballage. Paiement pour s’en débarrasser. Bénéfice encaissé par d’autres lors de sa revente.

Une triple charge pour la population, un triple gain pour les gestionnaires. Officiellement cela porte le nom d’économie circulaire. En réalité, beaucoup y voient une véritable entourloupe circulaire.

À cela s’ajoute une transformation des modes de collecte. Le ramassage porte-à-porte a été remplacé par des conteneurs enterrés, les “molochs”, où chacun doit se déplacer pour jeter ses déchets. Dans une petite ville il fallait autrefois dix camions-poubelles et une trentaine d’employés. Désormais, un seul camion-grue et un seul chauffeur équipé d’un joystick suffisent. Le travail de trois personnes se retrouve remplacé par une manette. 

Résultat : réduction de personnel, économies d’exploitation et marges accrues pour les multinationales. Pour la population, en revanche, déplacements contraints, carburant brûlé, temps perdu. Tout cela simplement pour se débarrasser d’emballages déjà payés deux fois.

Le triple perdant, c’est le citoyen. Le triple gagnant, ce sont les grands groupes

Et qui sont les couillons ?

 

Photo "Alpes 1"

Photo "Alpes 1"

Qui y a-t-il derrière ?

Le départ du premier adjoint ; simple accident ou signe d’un malaise plus profond ? La démission de Monsieur Richard Nussbaum, premier adjoint au maire de Briançon, a surpris. Officiellement, peu d’explications. Officieusement, beaucoup de questions.

Car ce départ ne tombe pas dans un climat neutre. Depuis longtemps, certains murmurent que la gestion très centralisée des finances par le maire n’a jamais fait l’unanimité au sein de son équipe. On parle parfois d’un « excès de finances », manière de dire que les décisions budgétaires seraient trop verrouillées.

D'ailleurs j'ai déjà demandé des comptes en ce sens, sans jamais de réponse bien que la CADA ait fait injonction à la municipalité de s'exécuter en ce sens.

On ne sait pas si c’est ce qui a poussé Monsieur Nussbaum à jeter l’éponge. Rien n’a jamais été dit en clair, mais cela pourrait être une des raisons, parmi d’autres, qui n’ont jamais été dévoilées publiquement.

Quoi qu’il en soit, cette démission met en lumière une réalité : à l’approche des municipales de 2026 la question de la gouvernance revient sur la table. Briançon peut-elle continuer avec un système où les finances sont tenues sous clef, ou faudra-t-il ouvrir davantage le jeu ?

Faudra-t-il que le Conseil d’État nomme un contrôleur des finances pour surveiller… un maire qui est lui-même contrôleur des finances en disponibilité ?

L’avenir dira si ce départ est un simple épisode personnel, ou le révélateur d’un malaise plus profond au sein de la majorité.

 

Briançon : Ascenseur pour la gloire

L’ascension fulgurante du maire de Briançon.

Chance, stratégie ou réseau d’intérêts ? Beaucoup se posent la question.

En politique locale les carrières s’étalent souvent sur de longues années. Mais à Briançon l’ascension du maire, en à peine une année, suscite interrogations et commentaires. Une telle rapidité peut être le fruit d’un contexte particulier, d’un soutien puissant, ou d’alliances discrètes.

Voici quelques clés pour comprendre et questionner ce phénomène.

Raisons possibles d’une montée rapide :

- Un contexte politique favorable : départ ou démission d’un prédécesseur, crise municipale, perte de confiance dans l’ancienne équipe. (Alliance contre nature d'un maire socialiste et d'un opposant d'obédience politique contraire) Mais ça n'explique pas tout.

- Le soutien de réseaux puissants : partis politiques, acteurs économiques, associations locales, relais médiatiques.

-Une stratégie personnelle efficace : profil perçu comme neuf, communication moderne, promesses de projets concrets, au détriment des administrés puisqu'uniquement orienté vers l'immobilier et la préférence choisie des imports de promoteurs.

- Des accords ou compromis politiques : ententes discrètes, soutiens conditionnés à des engagements locaux précis. Ce qui est une probabilité prioritaire.

Les interrogations légitimes : Pourquoi lui, et pourquoi si vite ? Était-ce une montée naturelle ou orchestrée ? Quels dossiers a-t-il porté pour mériter cette confiance soudaine ? Y a-t-il eu des concessions ou des accords en coulisses ? Cette ascension sert-elle d’abord la ville, ou certains acteurs précis ?

L’ascension rapide d’un maire peut être le signe d’un charisme réel ou d’un contexte politique chamboulé. Mais elle peut aussi cacher des alliances opportunistes ou des réseaux d’intérêts. La vigilance citoyenne reste la meilleure garantie d’une démocratie locale saine.

Raisons pour lesquelles je reste vigilant, mais aussi possibles raisons pour lesquelles Monsieur le Maire fait le mort et ne répond pas aux courriers.

 

Séance du conseil municipal de la ville de Briançon
Séance du conseil municipal de la ville de Briançon
Séance du conseil municipal de la ville de Briançon

Séance du conseil municipal de la ville de Briançon

La démocratie discrète.

Le conseil municipal est, par définition, public. La loi impose que chacun puisse y assister, écouter les débats, observer les décisions. Mais encore faut-il que les habitants puissent réellement le faire. À Briançon, comme ailleurs, les séances sont presque toujours programmées en pleine semaine, à 18h, un horaire qui décourage nombre de citoyens.

Les travailleurs du lendemain renoncent, les familles aussi. Il ne reste bien souvent qu’un petit cercle de retraités, de militants ou de curieux. Ce choix n’est pas neutre : Moins de public = moins de regards critiques. Moins de regards = moins de transparence. Moins de transparence = une démocratie qui se vide de sa substance.

Si l’on voulait vraiment encourager la participation, rien n’empêcherait d’organiser certains conseils le vendredi soir ou le samedi matin. Les habitants pourraient alors venir sans craindre de sacrifier leur repos ou leur travail.

Un public mal accueilli ? 

Encore faut-il aussi que la salle permette un véritable accueil. Or il arrive que le public doive rester debout pendant plusieurs heures : une manière implicite de dissuader la présence citoyenne. La publicité des séances ne peut se limiter à une mention légale ; elle suppose aussi des conditions dignes pour les habitants qui souhaitent y assister. Le monarque local dispose de son autorité pour créer le contexte visant à éviter la présence d'administrés, du moins c'est ainsi que semble le rendre la photo très parlante de ce nouveau concept, une grande salle mais la place d'un terrain de tennis pour délibérer.

Une transparence incomplète. La municipalité annonce la retransmission en direct sur son site et sur Facebook. Pourtant, les enregistrements sont souvent inaccessibles par la suite : « Vidéo non disponible – La vidéo n’existe plus ou vous n’avez pas l’autorisation de la voir. »

Ainsi, certains citoyens se retrouvent évincés des listes de diffusion, ce qui est mon cas, une forme de discrimination à travers l'informatique de vidéo-conférence, je devine que depuis pas mal de temps je fais l'objet de rejet systématique. C'est la démocratie locale, donc privés d’un droit d’accès pourtant garanti par le principe même du conseil public.

Une démocratie vivante ou une démocratie discrète ? La démocratie ne se résume pas à voter tous les six ans. Elle vit aussi dans la salle du conseil, quand les citoyens peuvent entendre, questionner, témoigner. La cacher derrière des horaires dissuasifs, un accueil minimaliste et des vidéos inaccessibles, c’est choisir la facilité du silence plutôt que la vitalité du débat.

 

Ma demande de documents factures et contrats promoteurs
Ma demande de documents factures et contrats promoteurs

Ma demande de documents factures et contrats promoteurs

Promoteurs et élus, les possibles arrangements invisibles.

Derrière les dossiers de construction, et les discours officiels, il existe parfois une autre scène : celle des accords tacites et des avantages discrets. Les projets immobiliers, nécessaires à la vie d’une commune, deviennent alors le terrain d’un jeu d’intérêts où certains acteurs semblent toujours mieux servis que d’autres.

On retrouve souvent les mêmes promoteurs sur les chantiers, comme si la concurrence n’existait pas. Les règles d’urbanisme changent soudainement, rendant constructibles des terrains hier encore protégés. Des permis de construire sont délivrés en un temps record, quand d’autres dossiers, eux, s’enlisent. Les habitants, conviés à des réunions publiques formelles, découvrent trop tard des projets déjà ficelés.

Les arrangements ne se lisent pas seulement dans la pierre, mais aussi dans les finances : terrains communaux vendus à prix d’ami, sponsoring généreux d’événements municipaux par les mêmes entreprises, liens d’amitié ou de parti entre élus et promoteurs. Le citoyen, lui, ne voit que le résultat : des immeubles surgissant sans cohérence avec le paysage, des décisions opaques, des profits privés sur fond d’argent public.

L’image est claire : au-dessus de la table, un sourire, une poignée de main officielle ; en dessous, une enveloppe qui circule. Une métaphore des marchés publics lorsqu’ils glissent du côté obscur des arrangements préférentiels. C'est du moins l'impression perçue vu l'opacité municipale concernant ces potentielles transactions.

Il n'est pas impossible que la démission du premier adjoint en soit aussi un des motifs, parce qu'une municipalité qui camoufle implique aussi tous les conseillers municipaux.

La vigilance citoyenne est la seule barrière. Consulter les délibérations, suivre les modifications du PLU, comparer les dossiers, demander des comptes : autant de gestes simples pour éclairer ce qui se joue dans l’ombre.

 

Briançon : Ascenseur pour la gloire

Contrôler le contrôleur !

À Briançon, les finances municipales apparaissent verrouillées derrière une opacité qui alimente toutes les interrogations. Le contrôleur des finances, censé être garant de la transparence et du bon usage des fonds publics, semble lui-même placé sous surveillance étroite.

Lorsqu’un maire concentre les leviers de décision et verrouille l’accès à l’information, le contrôle perd sa raison d’être. Les chiffres deviennent alors une vitrine maîtrisée, où rien ne transparaît sans l’aval du pouvoir local. Dans un tel système, l’indépendance du contrôleur n’est plus qu’un principe théorique : celui qui détient la clef de la caisse détient aussi la clef du silence.

La question n’est donc pas seulement de savoir comment sont gérées les finances de la commune, mais surtout qui contrôle réellement le contrôleur, et au profit de quels intérêts. Sans transparence ni contre-pouvoirs effectifs, la confiance des citoyens s’érode et la démocratie locale se transforme en façade.

Aussi, mes démarches vont aller en ce sens, parce qu'il est absolument anormal que les administrés, du moins une partie des administrés, soient délaissés au profit d'administrés préférentiels qui pourraient appuyer une campagne municipale à travers les sports et l'immobilier.

Dès lors qu'une autorité municipale refuse de rendre des comptes, concernant les dépenses publiques, c'est qu'il y'a forcément quelque chose à cacher. C'est ce qu'on va tacher de découvrir.

Je ne dis pas que ça sent la merde mais ça y ressemble.

Une démocratie verrouillée n’est plus une démocratie : c’est une mise en scène.

À venir, si nécessaire, la lettre recommandée que j'ai envoyée aujourd'hui.

Bonne fin de journée à tous.

 

Pour me rejoindre, continuer à me suivre et partager ce blog,  inscrivez-vous à la rubrique "s'abonner" — Newsletter— du bandeau droit de cette page 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article