La face cachée du crétinisme intelligent
Les jugements informels
Les juges internautes.
Sur les réseaux sociaux je suis tour à tour gauchiste, nazi, fasciste. Les étiquettes changent selon l’humeur de celui qui les colle, mais la méthode reste la même : juger sans connaître, condamner sans écouter, caricaturer sans jamais lire.
Il ne s’agit pas seulement d’un phénomène virtuel. Dans la société tout entière ce réflexe s’est généralisé. Dans un débat télévisé, dans une discussion de café, au travail ou même en famille, les mêmes automatismes surgissent : on colle un mot, un cliché, une appartenance supposée, comme si cela suffisait à enfermer une personne dans une case. L’individu disparaît derrière l’étiquette.
Voilà ce que j’appelle la face cachée du crétinisme intelligent : cette illusion qu’un jugement lapidaire vaut pensée, que la répétition d’un slogan tient lieu d’argument. Derrière la façade brillante un ton assuré, un mot fort, une posture « cultivée » or il n’y a souvent que vide, ignorance et paresse.
Il m’est même arrivé d’être accusé de racisme, simplement parce que je refuse la racaille et le désordre qui s’installent parfois avec ceux qui viennent d’ailleurs. Mais que l’on soit clair, je ne parle pas d’origine, je parle de comportements, je ne juge pas la couleur de peau, je juge l’attitude.
Ce n’est pas un peuple, une culture, une langue que je rejette, c’est l’irrespect, la violence, la délinquance qui détruisent le vivre ensemble.
Or voilà le piège : Dans le brouhaha médiatique et politique cette nuance disparaît. Refuser le désordre devient « être raciste », dénoncer la violence devient « stigmatiser une communauté », réclamer du respect devient « manquer d’ouverture ». On n’a plus le droit de nommer les choses sans recevoir une étiquette infamante.
Et le plus ironique c’est que cette confusion fait le jeu des vrais racistes. Eux, les haineux authentiques, profitent du chaos pour avancer masqués. Eux ne parlent pas de comportements, ils parlent de sang, de couleur, d’origines. Eux ne veulent pas de justice, ils veulent l’exclusion. En accusant à tort ceux qui critiquent un comportement on met dans le même sac celui qui dénonce une violence et celui qui déteste par principe. On fabrique un brouillard où plus rien ne se distingue et où les haines véritables prospèrent.
C’est un double désastre : Pour ceux qui veulent simplement vivre en paix, dans l’ordre et le respect mutuel, et pour ceux qui sont réellement victimes de racisme, parce que leur souffrance est récupérée, instrumentalisée, et noyée dans la confusion.
La face cachée du crétinisme intelligent se révèle ainsi : Croire faire la morale et finalement servir ce qu’on prétend combattre. Fermer les yeux sur les comportements destructeur, au nom d’une fausse tolérance, c’est donner de l’espace à l’intolérance véritable.
La véritable intelligence, elle, ne colle pas d’étiquettes, elle écoute. Elle ne condamne pas d’un mot, elle cherche à comprendre. Elle ne se pavane pas derrière de grands slogans, elle ose affronter la complexité.
Être intelligent ce n’est pas répéter des insultes bien choisies, c’est faire preuve d’humilité, reconnaître que l’autre existe, qu’il a son histoire, sa parole, ses raisons.
Et peut-être est-ce là notre responsabilité, chacun à notre mesure, ne pas céder à ce crétinisme intelligent mais rester du côté de la parole vraie, même si elle dérange, même si elle ne plaît pas.
Bonne journée à tous
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