La Collégiale comme vous ne la voyez pas

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Avant toute chose, je tiens à ajouter un détail qui m'a été fourni ce mercredi 15. La barrière "provisoirement condamnée", photographiée sur la page précédente, est, non pas un disfonctionnement informatique, comme trop tôt informé, mais un acte de malveillance.

 

Certains sortent à contresens par l'entrée en forçant, à la main, la levée d'une barrière avec tous les dégâts mécaniques que cela entraîne et le coût des réparations qui vont avec.

 

Donc, toujours anti-barrière mais farouchement anti-vandale, je m'insurge sur le fait que l'on détruise ce qui est, voulu ou non.

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La Collégiale de Briançon.

 

Tout le monde la connait, soit directement soit par les sites, soit par cartes postales diverses et revues ou livres.

 

Ce que l'on ne met pas, dans ces derniers, c'est ce qui va suivre.

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C'est le clocher Ouest de la Collégiale.

 

Photographié au zoom depuis la rue du Dr Vagnat.

 

Au premier coup d'oeil on ne voit que peu de désordres de maçonnerie.

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Pourtant les anciennes réparations sont défectueuses.

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Les failles sont d'importance et laissent passer les eaux.

 

Sous nos latitudes le résultat est connu, gel donc écartement des maçonneries, et dégradation donc fragilisation de l'ensemble de l'édifice.

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Il manque des ardoises un peu partout sur la toiture.

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Cette corniche est visiblement abimée.

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Elle l'est effectivement.

 

Fissures, disjointements, infiltrations, morceaux manquants déjà tombés.

 

Et des "Tirants". Pas des dictateurs, des pièces métalliques pour empêcher une structure de s'écarter plus qu'elle ne l'est ce qui prouve qu'il y a déjà des désordres.

 

Ces désordres sont fréquents chez nous à cause des microséismes mais il ne semble pas y avoir de suivi en l'absence de "témoins". (Application d'un matériau friable qui indique le déplacement ou l'extension d'une fissure, entre autres)

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 Des tirants de tous les côtés.

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 A chaque niveau. 

DSCN7180 Jusqu'en haut. 

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Et toujours ces ardoises manquantes.

 

C'est la raison pour laquelle on en trouve assez souvent au sol quand elles ne nous tombent pas sous le nez. (Pas encore sur la tête, ce qui serait radical pour le receveur) 

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Les ouvertures des vitraux. (Ou percées)

 

En dégradation et les remèdes déjà appliqués ont fait leur temps.

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Partout des signes de négligences.

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De grosses négligences.

 

Parce que si les parties basses sont en cet état les parties hautes deviendront rapidement des parties basses. (Par effondrement).

 

Pas de craintes excessives, ce n'est pas pour la messe de dimanche prochain mais les choses s'accélèrent à mesure qu'elles se dégradent.

 

Donc il serait temps que le patrimoine tire la sonnette d'alarme pour qu'enfin soient pris en comptes les dommages subis chaque jour. (Même infimes, ils ont un impact)

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Des petits détails.

 

Insignifiants parce qu'habituels.

 

Tous les gens du coin passent devant plusieurs fois par jour et ne voient pas l'insidieuse dégradation, l'accoutumance est un ennemi redoutable.

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Des éléments de soubassement qui se fendillent sont des signes.

 

Le détachement des enduits aussi.

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De tout.

 

Pisses, moisissures, désagrégation, sel, chocs d'engins, etc.

 

Qui le voit ?

 

Qui le signale ?

 

Qui en prend note ?

 

Qui intervient ?

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Alvéole d'équipement électrique.

 

Pas d'époque naturellement. Pas récente non plus.

 

Comment peut-on laisser en l'état de telles aberrations ?

 

Est-ce là l'image à donner à nos visiteurs !

 

Parce que ce genre de conneries, ils n'ont pas besoin de venir chez nous pour en voir.

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On voit nettement certaines réparations.

 

Pas du meilleur ouvrage d'ailleurs.

 

Du ciment, relativement ancien et des rajouts de diverses pierres qui ne font pas partie de l'édifice.

 

Une réparation de fortune, réalisée à "la va vite" par des gens qui ne sont pas (Ou n'étaient pas) spécialistes en la matière et avec les matériaux trouvés sur place ou rapportés pour combler les trous.

 

Attention, ça n'a rien à voir avec l'actuelle municipalité mais c'est de sa responsabilité actuelle de faire en sorte que nos monuments historiques soient remis en état.

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L'ensemble de ce coin laisse apparaitre cette vision.

 

Rassemblé, sur ce cliché, à peu près tout ce qu'il ne faut pas pour préserver un édifice classé, surtout quand c'est le plus important de la ville et celui qui en est le point de mire.

 

Pour vous imaginer un aperçu, mettez-vous en bas de la chaussée, cachez la Collégiale de la main et vous vous retrouvez avec une ville, certes ancienne, mais sans point attractif particulier.

 

Un peu comme si dans la baie on enlevait le Mont Saint Michel. (Dans le département de la Manche)

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Ces traces noires, visibles de loin.

 

Elles ont une origine et ne datent pas d'hier, pourtant sur des photos des années soixante elles n'y sont pas.

 

Que s'est-il donc passé et surtout pourquoi avoir laissé en l'état, la facture s'en trouve amplifiée si un jour quelqu'un veut bien s'atteler à ce travail devenu de titan.

 

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Invisible sur la photo d'ensemble, vue de loin.

 

Mais particulièrement inquiétant vu de près.

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Très inquiétant même.

 

Un peu comme ! Abandonné.

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Ces fissures, il y a quinze ans, n'y étaient pas.

 

Je les aurais vues à l'époque.

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Boucher des fissures d'infiltrations d'eau ne sert à rien.

 

Si on ne traite pas le problème à son origine.

 

C'est comme peindre à neuf une voiture rouillée.

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Et ne résout pas le problème qui s'amplifie.

 

Les pierres de la corniche s'écartent, on bouche les interstices mais elles restent toujours écartées.

 

Les maçonneries travaillent toujours, cette lézarde en est la preuve parce que je comprendrais mal qu'on ait bouché les interstices sans s'occuper d'une fissure si elle avait existé.

 

Pareil, problème de fond non pris en compte, on se contente de cacher la misère.

 

Depuis quelques années on ne cache même plus rien du tout.

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On comble mais ça bouge toujours.

 

Les pierres cassées le sont certainement suite aux conflits qui on émaillés la région.

 

Les guerres ça laisse des traces et les monuments ne sont pas épargnés.

 

La dernière guerre s'est terminée en 1945, il en faut du temps pour réparer sachant que des fonds ont été débloqués, à l'époque, pour ces dégâts !

 

Ceux-là aussi ont été utilisés ailleurs, le problème n'est pas nouveau sauf qu'aujourd'hui c'est un formidable outil de propagande.

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Et ça ! Est-ce normal !

 

Pratiquement pas de neige cette année et à la date de la prise de vue, plus depuis un mois.

 

Là non plus ça n'arrange pas les murs.

 

Il y a des urgences quand il neige mais là, quand même, depuis le temps !

 

Pareil, personne ne voit rien il y a pourtant des véhicules des services techniques qui circulent, je les vois tous les jours.

 

Souvent avec un responsable, mais quand il fait beau les lunettes de soleil ça occulte la vision des choses.

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Toujours ces moisissures dues à l'humidité qui sourd des pierres.

 

Visibles de loin et éclairées la nuit.

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En principe, on met la date de l'inauguration de l'édifice.

 

1703 c'est la date de la pose de la première pierre, quatre ans avant la mort de Vauban.

 

Pour plus de détail sur la Collégiale voir le site http://briancon-vauban.com/

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????????????????????? Là, j'ignore.

 

Peut-être des trous de balles rebouchés, ou des ancrages d'échafaudages.

 

Mais ça fait dégueulasse.

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Au-dessus de la poterne.

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Ce n'est pas la Collégiale.

 

C'est le mur des remparts qui gonfle de plus en plus, juste devant la salle des mariages.

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Vous arrivez à lire quelque chose ?

 

Moi pas mais je sais ce qui est marqué.

 

Extrait d'une lettre de Vauban au Consul de Briançon et déposée aux archives communales.

 

Avant la construction de la Collégiale, qui ne l'était pas encore d'ailleurs elle n'était qu'une église remplaçant celle qui a été détruite, là où il y a maintenant le cimetière du Champ de Mars.

 

Combien ça coûte une dorure de lettres ?

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Haut du clocher Ouest.

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Dégradé, vu de plus près.

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Les soubassements aussi manquent de soins.

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Le perron aussi.

 

Qui se dégrade rapidement depuis quelques temps.

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Toujours les soubassements.

 

Près de la fontaine. Ne peut-on pas combler ces cavités proprement !

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Usure ou souvenirs ?

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Peut-être les deux.

 

Beaucoup de monuments, de par le monde, sont ainsi dégradés parce que des touristes peu scrupuleux emmènent un morceau de ces monuments.

 

C'est aussi ce qui se passe au pont de la Concorde à Paris, pont construit, pour ceux qui ne savent pas, avec une grosse partie des pierres de l'ancienne prison de la bastille, construite sous Charles V de 1369 à 1383, prise le 14 juillet 1789 et détruite dès le 17 juillet 1789. (Pas d'un seul coup, bien sûr, un édifice de cette taille !)

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Clocher Est, le plus abimé.

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Avec tentative pas trop heureuse de réparation.

 

Du ciment brut sur des pierres de taille, ça ne va pas ensemble et ça ne dure pas longtemps.

 

Il y a quelques années, une émission de télévision, intitulée "Chefs d'Oeuvres en Péril" permettait de trouver des sponsors pour la réfection de ces monuments.

 

Par la suite le ministère des monuments historiques a pris le relais mais les dons arrivent toujours, il suffit de monter un dossier et de frapper aux bonnes portes.

 

La vieille ville est classée auprès de ce ministère en plus d'être classée dans le réseau Vauban à l'UNESCO.

 

Ce n'est pas pour rien mais l'abandon des monuments les déclassifient et font qu'aucune municipalité ne peut financièrement les entretenir (en dehors des grandes villes bien sûr).

 

Ce que je viens de vous montrer partiellement, on ne peut tout mettre, est la caractéristique qui fait qu'un monument est déclassifié, quel que soit son histoire.

 

Il y a urgence et j'espère que les responsables vont enfin ouvrir les yeux.

 

Dans le journal du jour, le Bâtiment de la DDE, en ruine, va être rasé pour construire des logements, sociaux et autres.

 

Espérons que ce quartier sera plus avenant quand on aura refait le rond-point de l'avenue du Gal De Gaulle et de la rue Jean Moulin, un vrai rond-point, pas ce ridicules manège qui fout la merde à chaque heure d'affluence.

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Et un feu d'artifice pour finir cette page.

 

A demain, pour autre chose.

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