Concarneau (Suite 1)

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DSCN9109La porte aux vins.

Avant l'avènement de l'automobile, et de ses nuisances, la quasi totalité des marchandises arrivait par la mer.

Avantage indéniable qui ne nécessitait pas, comme aujourd'hui, les manipulations et entreposages divers.

Inconvénient, les marées.

DSCN9110Descriptif de la porte.

Sur la jetée, à marée basse, les mouettes se font entendre. 

Cris perçants. 

Ce n'est certes pas une vidéo de qualité mais c'est pris au hasard.

DSCN9112Remparts de Concarneau.

Loin de ressembler à ceux des autres villes fortifiées par Vauban, ils n'en restent pas moins identiques par leur destination.

Briançon, ville de haute montagne est plus difficile à défendre qu'une ville maritime, les matériaux disponibles ne sont pas du tout les mêmes et l'atout de la mer comme principal obstacle est déterminant.

Les murs d'enceinte protégeant les chemins de ronde ne sont pas posés sur les remparts mais décalés vers l'extérieur en prenant appui sur des plots, la liaison entre les deux est ajourée, certainement pour des raisons pratiques incluant le déversement de liquides bouillants ou autres interdisant l'escalade des remparts.

A ma prochaine visite j'approfondirais cette lacune historique.

DSCN9117Seul, je me photographie.

Au fond le Belem qui est parti quelques heures après.

DSCN9127Avancée Ouest des remparts.

La configuration des fortifications de Concarneau est prévue pour résister aux tempêtes et autres problèmes inhérent aux bords de mer.

Pour qui connait le Fort Boyard, que j'ai visité en 1981 bien avant qu'il ne soit réhabilité pour des émissions télévisuelles, la conception est identique.

De Vauban également cette disposition permet aux murailles d'absorber les coups de boutoir des vagues lors des tempêtes.

Par contre, si les murailles du Fort Boyard sont en partie creuses pour y loger les hommes et le matériel, celles-ci, beaucoup moins épaisses, sont pleines comme à Briançon.

Les rambardes internes au premier plan ne sont pas d'origine.

DSCN9129Un petit air de saint Malo.

Normal puisque c'est la même configuration pour la même destination.

Ces fortifications ont bien servi, les attaques anglaises, souvent violentes, ne sont pas parvenu à prendre la place.  

La grande offensive anglaise de 1694 a échoué alors que la majorité des troupes françaises avaient été déplacée sur la Méditérranée, Vauban a une fois de plus prouvé son génie et l'efficacité de ses fortifications de Brest à Lorient.

A marée basse, contrairement à ce qu'on pourrait croire, la place est plus difficile à prendre qu'à marée haute.

Ces fortifications ont bien servi, les attaques anglaises, souvent violentes, ne sont pas parvenu à prendre la place.

Les Anglais ne voulaient pas détruire la Bretagne, ils voulaient en refaire une province anglaise telle qu'elle était jusqu'à Louis XIII et pouvoir contrôler la France depuis cette province, ne pas oublier que les rois de ces deux pays sont cousins (Comme l'Espagne aujourd'hui a un roi Bourbon descendant de Henri IV), une partie de la monarchie anglaise est française, la famille royale d'Angleterre actuelle puise ses racines en Allemagne. (Et oui)

Les coefficients de marée sur les côtes bretonnes sont parmi les plus importants du monde, il arrive qu'il dépasse 110, la différence entre basses eaux et hautes eaux peut dépasser les quinze mètres.

Ont dit que la mer est "étale" lorsque la marée est à son apogée.

Certaines marées basses découvrent des kilomètres de plage normalement sous les eaux, notamment pendant les marées d'équinoxe.

Revenons à Concarneau.

DSCN9132Canon dans la forteresse.

Sensiblement identiques aux canons embarqués sur les navires ils ont été utilisé pendant près de 500 ans sans grande modification.

Chargé par la "gueule" ils n'avaient pas une grande porté, la charge de poudre ne pouvant être fortement augmentée sans risque d'éclatement de l'affut.

Les canons de défense côtière sont plus lourd que les canons embarqués, ces derniers servant essentiellement à couler les navires ennemis au plus près.

la porté des canons côtiers pouvait atteindre près de trois kilomètres, un exploit pour l'époque, les canons embarqués sur les navires avaient une portée moyenne de deux kilomètres, ce qui est déjà respectable.

Bien entendu plus le tir était rapproché plus il était efficace.

Certains navires "trois mats" disposaient de plus de cent canons, le problème majeur étant la répartition de ces canons pour éviter la gite du navire.

L'armement, les munitions et la poudre représentaient environ un tiers du poids du navire, la voilure et la mature un dixième.

La Sainte Barbe, local ou sont entreposées les poudres, se situait toujours juste au-dessus de la ligne de flottaison, en cas d'explosion le navire avait plus de chance de rester à flot.

Plus tard on "dispatchera" ces munitions dans plusieurs soutes disséminées tout le long du navire, toujours disposé ainsi aujourd'hui. 

Les boulets seront en pierre jusqu'au milieu du XVème siècle, ensuite il seront en fer, bien plus perfectionnés ils ont aussi l'avantage de ne pas éclater au moment du tir.

Les canons présent dans la cité de Concarneau proviennent tous de navires coulés près de la ville.

Les canons des fortifications ont tous été fondus pour fabriquer les nouveaux canons à culasse qui apparaissent au milieu du XIXème siècle.

Le poids moyen des canons est d'environ une tonne, certains de plus de deux tonnes présentaient plus d'inconvénients que d'avantages, ils ont été très peu utilisés, il faisaient plus de dégâts parmi les servants que sur l'ennemi visé.

DSCN9148Vue interne des fortifications.

Le rôle des remparts est double, d'une part ils protègent des assauts de la mer, d'autre part ils protègent des tirs de canon des navires d'invasion. 

Aucune maison ne dépassaient la hauteur des fortifications, seuls les édifices religieux et de combat émergeaient au-delà de cette hauteur.

Par définition, l'ennemi n'attaquait jamais les édifices religieux, les superstitions de l'époque était encore très vives.

DSCN9159Les murs d'enceinte.

Nettement décalés des murailles ils reposent en totalité sur des plots de pierres.

Une prouesse technique pour l'époque un poids pareils induisant d'énormes contraintes sur les remparts.

DSCN9149Les Armes de Bretagne.

Les drapeaux bretons, deux ici, sont l'expression de plusieurs facteurs.

La Bretagne, longtemps composée de Duchés, ne s'est vraiment unifiée qu'au début du XIXème siècle même en étant intégrée dans la France depuis 1514. 

Le premier sur la photo a longtemps représenté la Bretagne dès les années 1530, composé d'Ermines sur fond blanc il est caractéristique de cette vaste région.

le deuxième n'existe que depuis le début du XXème siècle, il représente l'unification des différents duchés bretons, les bandes noires et blanches représentent les Duchés de la basse Bretagne et les Duchés de la Bretagne galloise, ne pas oublier que la Bretagne a été longtemps occupée par les "bretons", appellation des anglais à ces époques.

L'influence galloise et celtique est fortement encrée en Bretagne, les liens qui lient la Bretagne, l'Irlande et l'Ecosse sont encore très forts aujourd'hui.

Le drapeau officiel breton actuel ne représente pas une souveraineté, il est représentatif de plusieurs Duchés unifiés.

Les bandes noires représentent les évêchés de langue "galloises" et les bandes blanches les évêchés de langue bretonne.

A l'instar de l'Italie le dialecte breton n'est pas identique dans toute la Bretagne, bien que s'étant unifiée est encore encrée l'appartenance à telle ou telle sous-région bretonne.

Il y a encore cinquante ans les habitants du Morbihan se départaient des habitants des Côtes du Nord (devenues Côtes d'Armor) ou du Finistère, pas un conflit, non, juste une certaine idée de la différence. Mes ascendants y étaient très sensibles, d'où ma connaissance du sujet.

La capitale de la Bretagne est Rennes, le parlement de Bretagne est un des plus puissants jusqu'à la fin du XIXème siècle.

DSCN9166Chalutier musée.

Qui se visite en même temps que le musée qui se trouve en ville, de l'autre côté des fortifications.

DSCN9170L'Abeille Bourbon.

Remorqueur de haute mer.

Voir ma page Concarneau du 26 avril.

Derniers préparatifs avant le départ.

Quelques jours en carénage ont suffit pour l'inspection des éléments "vifs" de ce navire.

Un lifting de peinture, prêt à reprendre la mer. Comme j'aimerais y être.

DSCN9172Sous l'oeil attentif des mouettes.

DSCN9173Très attentif même.

Une troisième page sera consacrée à la vieille ville de Concarneau.

Bonne journée à tous.                           

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