Le désert des Hautes Alpes

Publié le par François Ihuel

 

On ne dirait pas comme ça pour un département qui détient une bonne partie du domaine skiable français.

Le désert des Hautes Alpes

Vieux débris.

Ce que j'ai déjà entendu me concernant mais c'est le lot quand on prend de l'âge, on ne devient bon qu'à percevoir une retraite, c'est bien connu, c'est aussi ce que j'ai entendu d'esprits étroits.

En fait je m'en tape la coquille parce que franchement l'opinion des autres et les élucubrations déplacées j'en ai entendu bien d'autres et je n'en ai rien à branler, ce qui vu mon âge canonique pourrait presque s'appliquer encore que de ce côté là ça fonctionne toujours.

Toutefois, vis à vis de la société l'avancée dans l'âge présente aussi quelques problèmes, l'un d'eux c'est d'être déconsidéré et relégué dans les personnes devenant déficientes même si c'est une évidence dans certains cas.

Pour continuer à travailler, donc à conduire des cars et des camions, je dois passer une visite tous les ans, j'admets que c'est une précaution légitime vu certains "vieux" qui déconnent au volant mais surtout en voiture.

Pour pouvoir travailler je dois donc passer la visite médicale obligatoire, ce qui ne serait pas un luxe pour certains des conducteurs ci-avant cités et d'autres nettement plus jeunes mais je préfère ne pas préciser.

Pour passer la visite médicale je dois débourser 36,00 euros de consultation auxquels j'ajoute 12,00 euros de photos à renouveler à chaque fois, des fois que plus personne ne me reconnaisse en seulement  12 mois.  

Le jour dit je dois aussi effectuer 180 km aller et retour pour me rendre chez un médecin agréé par la préfecture puisqu'à Briançon il n'y en a plus, le dernier a pris sa retraite bien méritée et les autres ne veulent pas s'emmerder avec un protocole lourd et contraignant qui ne leur rapporte rien, donc pour un bassin d'environ 16 000 habitants à demeure il n'y a plus de médecin pour la visite du permis, que ce soit PL, TC ou autre permis spéciaux fonction des catégories, j'ajoute donc 18 euros de gasoil pour me rendre à Gap ; perte de temps d'environ cinq heures, déplacement par une route merdique aux multiples travaux, stationnement payant à Gap, soit approximativement 70,00 euros pour avoir le droit de travailler.

Il y a un délai de deux mois pour recevoir le nouveau permis à condition de fournir une enveloppe timbrée à son adresse, avant on allait en sous-préfecture et en dix jours c'était réglé sauf que la sous-préfecture de Briançon ne fait plus d'administratif de ce genre, compression de personnel.

Savoir aussi que les chauffeurs de véhicules supérieurs à 3,5 tonnes sont tenus de passer une "formation" de contrôle de leur capacité à continuer à conduire, tous les cinq ans et appelé FCO, ce qui serait une bonne chose pour pas mal d'automobilistes mais là aussi c'est une autre histoire, coût environ 800 euros pour cinq jours de "mise à niveau" - mais ça augmente continuellement - c'est-à-dire contrôler que le chauffeur qui roule tous les jours en parcourant environ  entre 50 000  et 100 000 km par an sait toujours conduire. 

Certains employeurs prennent cette formation à leur charge.

Le problème du département des Hautes-Alpes c'est de tenter de briller en laissant les lumières éteintes, c'est-à-dire faire de la communication couteuse pour paraitre en sacrifiant ces finances de communication qui seraient plus utiles à l'application de mesures visant à améliorer ce qui déconne, en nombre, comme avoir des médecins agréés dans le briançonnais. 

 

Le désert des Hautes Alpes

Il faut aussi savoir.

Toujours dans le briançonnais, certaines spécialités médicales ne sont plus assurées, pour voir un dermatologue, par exemple, il faut aller soit à Embrun avec deux à quatre mois d'attente, soit aller à Oulx en Italie avec un délai légèrement plus court mais sans la garantie sécurité sociale, il en va de même pour d'autres spécialités, cardiologue rarissime, gastroentérologue unique et dépassé mais compensé par les italiens qui ne viennent à Briançon qu'au CHR, puis d'autres spécialités.

À Briançon il n'y a pas d'IRM, j'induis depuis douze ans d'en faire installer un, il n'y a pas de traitement des cancers par radiothérapie, il faut aller à Gap par les VSL aux tarifs explosifs ou les taxis aux tarifs moindres mais frisant tout de même 300 euros pour un parcours de trois heures sur 180 km, multiplié par le nombre de patients, par la fréquence des soins, ce sont des sommes énormes au frais de la Sécu, ça n'a pas l'air de perturber les autorités qui ne voient rien d'autres que les finances des stations de ski.

On  n'est pas dans la merde. 

Maintenant, pour ces spécialités il y a la possibilité d'avoir un RDV pour le lendemain à...... Paris, juste prendre le TGV, réserver une chambre d'hôtel à condition d'en trouver en ce moment, de consacrer deux jours et d'accepter un suivi sur Paris le temps de la durée des soins, en dehors de la prise en charge médicale le reste c'est à charge du patient. 

Sur Marseille c'est une semaine de délai, comme à Lyon, mais 5h00 de transport aller et autant retour aux frais du patient.

Tout va bien en France.

Bonne journée à tous et surtout portez-vous bien, c'est préférable sous nos contrées montagnardes.

 

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Publié dans Briançon et politique

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