Une leçon non retenue

Publié le par François Ihuel

 

Il est navrant de constater, jour après jour, année après année, décennie après décennie, que rien de ce qui aurait pu servir n'a été retenu. 

 

Une leçon non retenue

Par beau temps calme.

C'est vrai que c'est tentant, c'est vrai que l'attrait de la nature en ces périodes polluées c'est attirant, mais ce qu'on apprend à l'école, du moins ce qu'on apprenait quand j'étais gamin, semble n'avoir pas été pris en compte, c'est-à-dire les caprices de la nature et la géologie des lieux.

Je me souviens très bien de ces cours de géographie et l'exemple que mon instituteur de l'époque avait avancé, les constructions sauvages dans le lit des rivières et la catastrophe qui avait eu lieu dans les Appalaches dans les années 1950, ça m'avait marqué et j'ai bien retenu ce qui m'a été enseigné même si l'évènement s'est produit aux USA, la nature est partout la même et sera toujours dominante.

Nos anciens, surtout concernant les grosses œuvres romaines, savaient ce qu'il ne fallait pas faire, en ces temps où la technologie moderne inexistante ne laissait pas l'apparence de l'illusion, ces hommes en contact permanent avec la nature et ayant appris à la connaitre et la respecter ne faisaient rien au hasard. 

Alors comment aujourd'hui en sommes nous arrivé à faire n'importe quoi n'importe où !

Pour ceux qui en ont été instruit les rivières ont un lit mineur et un lit majeur, ça m'est rentré dans le crâne dès l'âge de neuf ans, quand l'instruction existait encore autre que de la propagande à la gloire des communautés ou des partis politiques qui n'était pas au programme scolaire.  

Comment des autorités supposées responsables peuvent-elles autoriser de construire en ces endroits, dans des régions régulièrement soumises à de grosses intempéries régulières et à des changements importants de paysage dus à l'érosion et au modelage par les caprices des cours d'eau.

Il est vrai que ça à l'air tellement paisible, tellement calme ces petites rivières paraissant insignifiantes, pourtant quand on regarde le contexte et la géographie des lieux on réalise que ces vallées encaissées le sont par la furie régulière des cours d'eau, par leur monté subite et violente, capable de déplacer des roches de plusieurs tonnes sur des kilomètres, alors ce n'est pas une construction humaine aussi fragile qui va entraver le travail de la nature.

Je ne suis pas un montagnard aguerri, pas plus que je ne connais la montagne en dehors de ce que j'ai pu découvrir en seulement 30 ans que j'y suis, je ne suis qu'un parisien insignifiant qui, comme les autres, apprend sur le tas et surtout retient du passé,  alors comment des gens du pays, des montagnards de naissance sur des générations, peuvent-il commettre de telles erreurs.

Ou alors c'est une faute, une grave faute par esprit de lucre et d'avidité, on n'ignore pas que d'accéder à un poste de responsabilité, même si ce n'est que maire, permet de prendre des décisions apportant quelques finances à la commune et, parfois, voire souvent, par enrichissement occulte personnel.

Le résultat est là, des biens engloutis en quelques minutes, des gens emportés par les eaux, même ceux qui doivent sauver des vies en sacrifiant la leur, les pompier une fois de plus payent cher la désinvolture de quelques inconscients élus sur des promesses et des complaisances, on voit ça en permanence. 

Alors au lieu de faire de la prévention on compte sur les assurances, comme d'habitude les avertissements ne sont pas écoutés, comme d'habitude on va faire des enquêtes, ça va durer des années pour trouver le ou les responsables qui vont nier de lâcheté, d'absence d'amour propre et de sentiment, puis il y aura procès, puis condamnations, légères puisque le temps aura passé et aura éteint les douleurs, submergées par d'autres, ailleurs, dans les mêmes circonstances. 

La roue tourne mais pas dans le bon sens.

 

Une leçon non retenue

Le bon sens ?

Il semblerait que cette maisonnette enfouie sous les frondaisons, loin des regards, ait pu être construite sans concertations ni autorisation, la rivière en furie aurait donc découvert la cache et sapé le rivage si proche de ce cour d'eau apparemment si tranquille quand tout est calme ! 

Ce n'est que ma déduction sommaire en observant les lieux, je n'y suis pas et je ne fais qu'une analyse rapide connaissant ce qui se pratique de façon occulte. 

Un terrain instable composé de remblais d'érosion, une rivière qui sape la berge en permanence, doucement, presque immobile mais qui, parfois en furie, emporte ce qui se trouve sur son passage, ça aussi je l'ai appris étant gosse.

Serait-ce que les adultes d'aujourd'hui n'ont jamais été gosses ! Ou bien que la désinstruction nationale aurait supprimé ces élémentaires connaissances d'avant !

Le résultat est là, Vaison-la-Romaine en 1992 n'a pas été une leçon, pas plus que la rupture du barrage de Malpasset en 1959 ; et combien d'autres encore.

À moins que le fric et l'avidité du gain facile et rapide n'efface les mémoires, ces mémoires qui faillent au moment où elles devraient au contraire s'illuminer quand on vend des terrains et qu'on accorde des permis de construire. 

Alors la société paye, s'alarme, s'insurge et puis se calme, puis oublie, jusqu'à la prochaine fois, quand là encore des gens mourront, des biens disparaitront, des familles seront à la peine. 

Putains d'irresponsables élus par ceux qu'ils vont sacrifier. 

Contrairement à ce que pourtant ça sert les leçons ne sont pas retenues, ça ne rapporte pas assez quand on a des responsabilités.

Ces lignes n'engagent que moi et je les assume. 

Bonne soirée à tous et rangez vos mouchoirs en attendant de les ressortir ; la prochaine fois. 

 

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