L'attachement aux insignifiances.

Publié le par François Ihuel

 

De tous les maux qui frappent les peuples il y en a un, presque désuet, à la limite puéril, qui pourtant est d'une redoutable puissance. 

C'est l'attachement aux insignifiances.

 

L'attachement aux insignifiances.

La puissance du superflu.

Mélangeant la religion et quelques évènements marquants, au fils des ans on réalise que la place prise par des insignifiances a un impact sérieux sur le fonctionnement de la société.

Sans remettre en question la valeur de quelques commémorations on se rend compte que ça a pris une telle proportion que ça en arrive à occulter du bien plus sérieux, et c'est bien là le problème.

Le formatage des esprits ne date pas de l'avènement de l'informatique, c'est l'induction dans le mental des peuples d'une forme d'obligation qui ferait que personne ne puisse y déroger sans s'attirer la vindicte de ceux qui sont mordus.

Bien que maintenant ce soit moins perceptible il faut reconnaitre que quand on manque une cérémonie quelconque, surtout si on a une notoriété certaine, la fustigation populaire se fait entendre, surtout de ceux qui justement s'en exonèrent. 

Cette parade incontournable pour garder la notoriété induite rend le formatage plus officiel et par là même devient un modèle. 

Notre société actuelle, qui se veut laïque sans pouvoir l'être, ce qui est impossible à cause de l'hétéroclicité de la population et le mélange des cultures, ne peut se passer d'expédients divers, basés sur des préceptes millénaires parfois douteux, ce qui perturbe énormément son fonctionnement. 

Des exemples qui font que la société est formaté il y en a des centaines, voire des milliers, cependant, ne pouvant les décrire tous, je vais survoler les plus marquants qui sont aussi les plus primaires. 

 

L'attachement aux insignifiances.

L'heure de l'apéro.

 Pour insignifiant que ce soit c'est presque devenu une institution, en principe de 11h30 à 12h00 il est de coutume de s'enfiler un petit alcool histoire de s'ouvrir l'appétit, le plus basique est bien entendu le Ricard qui a détrôné le Pernod mais le résultat est identique.

 Il y a plusieurs raisons, la première c'est le côté convivial de la rencontre entre quelques personnages partageant un petit verre histoire de trinquer à la santé de n'importe quoi du moment qu'on trinque, comme on est plusieurs chacun met sa tournée, à deux c'est insignifiant, à trois c'est déjà plus sympa, à cinq ou six ça devient franchement craignos, c'est à ces différentes mesures qu'on réalise que de trinquer ça fait aussi trinquer la santé et le porte-monnaie, à tel point qu'à force de toper et retoper le cigare divague et l'estomac renâcle, ce qui fait que pour les adeptes des apéros partagés, qui débutent à 11h00 pour se terminer à 12h30, il est parfois préférable de faire une petite sieste avant de passer à table parce que d'avoir voulu s'ouvrir l'appétit on n'a plus la place pour la suite sauf aller dégueuler rapidos pour se remettre à peu près d'aplomb. 

 Mais il n'est pas obligatoire d'être à plusieurs, certains ont défini que l'apéro est obligatoire avant de manger, en principe c'est le moment le plus attendu de la journée, suivant l'individu ce sera la montre - ou n'importe quelle pendule rencontrée - qui va donner le top départ de l'apéro, c'est que c'est important l'heure. 

 Par contre, suivant l'individu et son état d'imprégnation cette heure peut être variable, 10h30 rentrant dans la catégorie des pré-heures d'apéro, et puis pour d'autres, qui ne peuvent attendre l'heure fatidique de s'auto-autoriser un petit godet derrière la cravate il n'y a plus d'heure, après tout un petit Ricard vite fait à 9h00 du matin ça ne fait de mal à personne. 

 Comme le café-calva remonte à 6h00 du matin, que les petits verres de blanc avalés à 8h00 font déjà partie du passé, il est de bon ton de ne pas laisser refroidir la machine, depuis maintenant une soixantaine d'année que je fréquente le monde des adultes j'ai pu réaliser à quel point certaines obligations sont incontournables, peut-être moins maintenant depuis que le monde du travail s'est transformé ; ayant exercé 11 métiers différents à travers quelques 69 employeurs dans de multiples corporations, dans toutes les régions de France, j'ai un panel de repères divers qui me permet d'estimer le pourcentage d'alcooliques, à des stades plus ou moins élevés, dans la population française, toutes ethnies confondues parce que parmi ceux qui se disent "interdits" religieusement c'est juste dehors que c'est interdit.

 Pour rassurer les populations de base, celles qu'on dit du bas peuple, je précise que les plus alcooliques ne se trouvent pas forcément dans les couches sociales inférieures, ayant fréquenté du beau monde, même du très beau monde à des époques déjà lointaines, je confirme que quand on a du pognon on a aussi le choix des alcools, se pochtronner avec du gros rouge qui râpe bien le gosier c'est moins raffiné que de se désaltérer dans la bonne société avec des alcools de luxe de façon mesurée mais répétitive, d'ailleurs je n'ai pas échappé à ces traditions, en qualité "d'invité" de quelques personnages très haut placés j'ai également participé largement à ces séances de désaltération répétitives qui m'amenaient parfois dans des lieus inaccessibles en temps normal.

 Partager quelques voluptés arrosées avec ces personnages riches et bien placés faisait que je devenait vite inopérationnel, le voyage du retour au bercail - Paris centre à l'époque - doublant de distance à cause des virages. Maintenant je dois de préciser qu'ayant une sainte horreur des boissons anisées j'avais mes préférences pour du plus raffiné, le Martini restant mon apéro préféré d'autant que son petit gout sucré appelle à y revenir.  Toutefois je ne négligeais ni le Cognac, ni la Chartreuse, ni l'Armagnac, ni le Bourbon de qualité ni autres de haut de gamme. Dire que j'ai pris des cuites grand format serait dérisoire, surtout comparées aux cuites super grand format, de celles qu'on oublie que l'année suivante, n'étant pas seul à partager ces délices de quelques soirs d'orgies dantesques mes compagnons du moment se trouvaient dans le même état que moi, sinon pire, parce que j'avais ce gros handicap de bien résister à l'alcool. De toutes façon je m'en foutais puisque ce n'est pas moi qui payait.

 C'est là que j'ai réalisé que ces insignifiances avaient une grosse part dans le fonctionnement, je passerai sur ce qui motivait ma présence parmi ces gens de la haute - ce qui est très détaillé dans mes livres autobiographiques "ADHOMO" - et qui m'a rapporté beaucoup d'argent, juste que j'ai réalisé que ces gens de la haute avaient aussi besoin de ces insignifiances pour rester performants dans leurs fonctions. 

 

L'attachement aux insignifiances.

La paradoxe du dénie.

 De toutes les insignifiances auxquelles on s'accroche pourtant il y a les jours fériés, ceux de commémorations donc mais aussi ceux des fêtes religieuses.

 Pour ceux qui suivent un peu la vie de la société, en évitant les mensonges médiatiques, ils remarqueront que nos syndicalistes ont une préférence pour défendre des insignifiances devenues des droits non inscrit dans la constitution. 

 Si on excepte le 1er mai, qui est la fête du travail bien que le travail en ait pris un sacré coup dans l'aile, tous les autres jours fériés sont attachés à des dates dites "fatidiques" bien que douteuses pour certaines.  

 Parmis ces dates il  en a de très rapprochées comme la célébration d'une victoire et celle du travail, c'est au mois de mai qui reste de tous celui qui est le plus chômé avec les deux "fêtes" religieuses, c'est aussi ce mois dit qui est le plus prisé des syndicats puisque ça leur permet de manifester au moment où la population est la plus réceptive, loin des tracas des impôts, ayant passé la période dépensières des fêtes de fin d'année et préparant les sacro-saintes vacances d'été que rien au monde ne viendra entraver. 

 Le milieu ouvrier étant par définition le terreau syndical, du moins le plus remuant, il est de bon ton de réclamer ce qui est devenu un dû, les jours fériés ; le paradoxe syndical, surtout pour ceux de gauche, est de défendre des repos consécutifs à ces divers motifs, par définition anticlérical et antimilitariste la gauche se fait le chantre de préserver ces dits jours pourtant relevant des militaires et de la religion. 

 Alors qu'on observe un déclin inquiétant de la France, de son économie, de son industrie, gouvernée par des arrivistes incompétents qui pourtant baissent la tête au moindre mouvement syndical, on se dit que les commémorations diverses et les religiosités toutes aussi diverses semblent plus compter pour la population que la santé économique et industrielle du pays, ce qui fait qu'aux yeux des autres pays on passe pour de vrais guignols, ce que nous sommes de toutes façons devenus raison pour laquelle de simples clowns, dont quelques incultes chroniques, suffisent pour maitriser un peuple aussi soumis, aussi endormi, autant veule et qui ne s'accroche qu'aux insignifiances lui permettant de se reposer des 35 heures hebdomadaires de labeur. 

 Pourtant ce même peuple a des exigences qui laisseraient supposer que le pays est florissant, qu'il est d'une santé économique explosive, à réclamer en permanence des indemnisations incessantes, pour quelques unes utopiques, qui laisserait croire qu'il n'y a qu'à puiser dans la caisse pour satisfaire tout le monde.

 Alors que ces exigences grèvent gravement les finances nationales, ces gens ne réalisent pas que ce qu'ils réclament ne peut que venir de ce qu'ils financent, moins on travaille et moins on produit, donc moins de recette pour plus d'exigences de dépenses. Ça déconne à plein tube la France. 

 Déjà qu'on a des gouvernants qui semblent ne pas réaliser que la France est en faillite, par leur faute, ces mêmes dirigeants se comportent en irresponsables en dilapidant des finances de prêts dans des oeuvres diverses en faveur d'autres pays bien contents de trouver des pigeons pareils. 

 Les jours fériés sont les insignifiances nationales auxquelles il ne faut pas toucher.

 

L'attachement aux insignifiances.

Insignifiance sportive.

 C'est très certainement la plus mobilisatrice de toutes.

 On a eu récemment l'exemple lamentable de la puissance du fric sportif alors que la pandémie prenait de l'ampleur, le match de football Lyon-Juventus maintenu alors que tout le monde le savait à risque, la puissance des insignifiances lucratives face à la cruelle réalité. 

 On remarquera, toujours à travers les médias si prompts à mettre le feu populaire, que dès qu'un évènement sportifs programmé est remis en question on a un soulèvement populaire qui dépasse largement la décence, à croire que la vie s'arrête à cause de la remise en question d'une rencontre.

 Ça c'est du formatage de cerveau, presque aussi efficace que la télévision, d'autant que les évènements sportifs sont très soutenus par les politiques, juste savoir que lorsque l'attention des peuples est détournée les lois et ordonnances vicieuses sont votées dans le même temps, double jackpot, on ramasse du pognon à la pelle et on maitrise la population pour lui imposer en catimini ce qu'elle refuserait en temps normal. 

 Pour ceux qui sont observateurs les trois dernières décennies ont vu des pays qu'on disait à la traine dépasser les pays dits évolués qui sont maintenant submergés à cause de leurs conneries et de leur trop insouciante assurance d'être à l'abris du déclin. 

 Je pense toutefois que la France à la palme en ce sens, travailler moins pour gagner plus c'est aussi ce qui fait la dette pharaonique du pays, surendetté, à bout de souffle, n'ayant aucun dirigeant à poigne et soumise à la veulerie de sa population. 

 Putain, on n'est pas dans la merde. 

 Le coq gaulois est dans la merde jusqu'au cou, c'est pour ça qu'il bat de l'aile. 

 Après cet épisode pandémique qui nous a mis à genoux, je pense que la dette de la France va atteindre 130 % du PIB, nos dirigeants depuis un demi-siècle ayant été incapable d'avoir un budget de secours, ayant été incapable d'avoir une politique de prévention et ayant été incapable d'avoir des éléments solides pour diriger le pays.

 Ce qui est encore plus époustouflant c'est que ceux qui proposent des solutions plausibles sont rejetés par ceux qui tirent bénéfices personnels des malheurs de la France tout en sachant pertinemment qu'on va droit dans le mur.

 Ce que nos envahisseurs ont bien compris, qu'ils exploitent et qu'ils gagneront si on persiste à mettre en place des incapables d'État.

 Bonne soirée à tous et à très bientôt pour autre chose.

 

Pour me rejoindre, continuer à me suivre et partager ce blog,  inscrivez-vous à la newsletter ci-dessous.

 

Publié dans Politique française

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article