Libre choix

Publié le par francois.ihuel15.over-blog.fr

 

Nos sociétés modernes s'encombrent et souffrent des problèmes qu'elles se créent.

 

Libre choix
Libre choix

Des infos que je n'avalise pas en totalité. (Source France Info)

Olivier - le conducteur cité - est entré à la SNCF à 21 ans, il y a donc 26 ans qu'il y est, en considérant son statut de cheminot il peut prétendre partir à la retraite à 50 ans, il aura donc effectué 29 ans d'activité pour une retraite complète à temps plein calculée sur 34,5 ans d'activité considérant les annuités supplémentaires automatiquement ajoutées, une par tranche de cinq ans.

Dans le secteur privé il faut entre 40 et 43 ans d'activités, sans ajout d'annuités de complaisance, pour avoir une retraite complète bien différente du secteur public puisque calculée sur la totalité du temps de travail contrairement au service public.

La parole donnée il y a 26 ans l'ors de son embauche n'a plus la même signification aujourd'hui.

Le titre - seconde copie d'écran - est mal tourné, il aurait fallu ajouter "jusqu'à l'âge de 62 ans" afin de rendre plus claire la formule.

Olivier laisse donc entendre qu'il serait anormal qu'il soit dans une cabine de conduite pendant 41 ans, soit à peine le temps de travail d'un salarié du privé.

Il argue de la pénibilité du travail, là je m'insurge parce que ce boulot je l'ai fait entre bien d'autres très nettement plus pénibles.

Vont bien entendu s'insurger les défenseurs des régimes spéciaux, dont je bénéficie d'ailleurs ; en fait quand j'ai commencé à conduire les trains je ne me suis pas posé la question de savoir sous quel régime j'allais être rangé, à l'époque je venais du secteur privé et les régimes spéciaux c'était pour moi du chinois.

Je suis entré à la RATP en Avril 1983 pour être mis à la retraite en Août 2001, soit 18 ans et 4 mois d'activité réelle à la conduite des trains, en validant ma carrière sur 24 annuités puisque tous les cinq ans on ajoute une année de gain de retraite en plus, auparavant j'ai travaillé de 1967 à 1983 dans des emplois nettement plus pénibles que de conduire un train, avec nettement plus heures pour beaucoup moins de facilités avec un salaire nettement inférieur. 

Bien avant j'ai travaillé une année à la SNCF comme élève mécanicien, c'est à dire conducteur de train, à Châlon-sur-Marne devenu Châlon-en-Champagne.

On m'a validé 15% en plus pour le compte retraite à quoi on a ajouté mon service militaire de 18 mois dans la marine, ce qui fait que je perçois ma retraite principale du secteur public qui est nettement supérieure à la retraite d'un salarié du privé qui a bossé 42 ans.

Ma retraite du privé, soit de 1967 à 1983 et de 2001 à aujourd'hui, puisque je bosse toujours, est de 363,20 euros déduites les charges sociales diverses, soit même pas le quart de ce que je perçois de la RATP, pour 34 ans de travail hors RATP auxquels il faut ajouter les 16 ans de travail en double emploi pour les cars LECAPLAIN à Massy-Palaiseau, extras que j'effectuais en qualité de chauffeur de car toutes spécialités confondues en même temps que mon emploi conducteur de train. 

Le cumul des emplois étant interdit, j'étais travailleurs "extra" au contrat journalier qui n'existe plus aujourd'hui

Je constate donc que j'ai bossé 50 ans dans le secteur privé, auquel il faut ajouter mon service militaire, et 19 ans dans le secteur public, maintenant, depuis 2010, je cotise pour la gloire puisque ce qui m'est retenu pour la retraite ne m'est pas reversé considérant que les retraités qui bossent, et ce du jour où ils sont en retraite, n'ont plus droit aux points retraites qu'ils financent pourtant - ô combien - mais on ne m'oublie pas pour me ponctionner pour les cotisations sociales diverses, de plus en plus lourdes et nombreuses, ni pour les impôts, comme quoi le mode de calcul de l'État est étonnement unilatéral.

C'est le libre choix que n'autorise pas d'ailleurs certains syndicats qui formatent plus les salariés que le gouvernement d'ailleurs, on ne m'a pas obligé à travailler double pendant des années mais quand on a sept gosses à élever, une maison à payer et qu'on veut finir les mois avec encore de l'argent sur le compte, c'est un choix personnel. 

Je ne m'en plains pas, mais je voudrais apporter quelques précisions et détails qui vont faire grincer quelques dents syndicales.

Je ne dis pas non plus que les salariés du secteurs public sont des nantis, les avantages acquis depuis des décennies grâce aux syndicats ne doivent pas être remis en question, juste que le secteurs public bénéficie de possibilités que n'ont pas les salariés du secteur privé, comme pouvoir paralyser un pays pour obtenir des "largesses" interdites aux salariés du secteur privé trop mollement défendus par les mêmes syndicats d'ailleurs, l'impact sur l'économie du pays n'est pas le même.

Maintenant il y a syndicat et syndicat. 

 

Libre choix
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Pénibilité du travail.

La presque totalité de mes collègues conducteurs, que ce soit à la SNCF ou à la RATP, sont entrés dans ce secteur du transport public en premier emploi, ils n'ont pas connu autre chose, le microcosme sécurisant de ce secteur bien précis obture la vision globale du reste des secteurs de l'emploi, le cocon très sécurisant et ultra protégé du transport public de voyageurs, dépendant de l'État, empêche ceux qui y sont de voir la réalité, je ne vais pas me faire des copains parmi ces gens mais franchement à bientôt 70 balais je m'en fous royalement, parce que pour faire la part des choses il faut connaitre de ces choses. 

Du travail pénible j'en ai connu, beaucoup, avec des heures de travail - et non de présence comme dans le secteur public mais ce sera dans un de mes livres à venir - dépassant souvent douze par jour.

Travail pénible sous-entend travail de force, dur, fatiguant physiquement, parfois dangereux, souvent stressant comme l'est la presque totalité du secteur de la santé, hors bureaucratie, comme y sont confrontés les médecins, infirmières, soignant(e)s et aides soignant(e)s, SAMU, Etc..

Puis il y a les corps de métier dit dévalorisants, ce travail de merde que peu acceptent de faire, harassant, pénible, aux intempéries fréquentes, sous-payé parce que souvent sous contrat d'intérim, dangereux - chantiers d'urbanisme, chantiers navals - et tant d'autres encore qui demandent aux salariés bien plus d'efforts physiques et psychiques que de conduire un train.

Une anecdote qui m'est restée gravée à vie :

En Juin 1983, alors que je venais d'obtenir mon autorisation de conduite du métro, en attachement à Place d'Italie ligne 5, conducteur de réserve de 5h30 à 12h00, c'est à dire en attente de travail pour éventuellement remplacer un conducteur défaillant, ou autres causes, assis dans un local avec télé à disposition, machine à café et strictement rien d'autre à branler que d'attendre que le temps passe, le sous chef de terminus m'a envoyé à l'autre bout de la ligne en voyageur, c'est à dire sans conduire le métro, pour donner un coup de main aux manoeuvres à Église de Pantin, les prolongations de lignes actuelles n'existaient pas encore.

Arrivé sur place après un trajet à ne rien faire de 32 minutes le sous chef de cette station terminus de ligne me dit de rester à disposition, donc je m'assois dans un local réservé aux conducteurs à attendre là aussi qu'on veuille bien me donner du travail, vers 10h30 il vient me voir et me dit que je peux retourner à Place d'Italie, mon terminus d'attachement. À 11h10 le sous chef de terminus de cette station me demande quel poste j'assure aujourd'hui, le lui dis que je suis en réserve "A", c'est à dire le premier service de réserve de la journée, il regarde sa montre et me dit "tu peux rentrer chez toi, maintenant il n'y aura plus rien que tu puisses faire dans les temps".

Et ainsi pendant trois jours.

à la fin de cette semaine "harassante et pénible", je me fais aborder par un délégué syndical de la CGT, sympa il me demande depuis combien de temps je suis au métro et si je suis syndiqué. Venant du secteur privé, sortant d'un emploi de routier national toutes distances à 90 heures de travail par semaine en moyenne, - un de mes livres "ADHOMO" à publier et déjà écrit - j'ignore presque totalement ce qu'est le syndicalisme, j'en ai entendu parler et puis les informations en font souvent la une à cause des grèves qui foutent la merde dans le pays. Bref, justifié ou non c'était pour moi presque de l'abstrait puisque en permanence sur la route, en dehors du cirque que ça génère pour sortir de Paris avec mon camion je n'en subissais aucune conséquence.

Lui ayant juste dit que je venais du privé sans plus de précision, il m'explique en quoi ça consiste, instructif parce qu'inconnu de moi j'écoute son baratin bien huilé et certainement très répétitif pour attirer dans son syndicat un cotisant de plus. N'étant pas spécialement intéressé je lui dis que ça ne me branche pas, alors il me dit que pour défendre nos droits il est important d'être le plus nombreux possible, ça c'est basique, plus on est d'adhérents et plus on est efficace. Alors il me sort un argument qu'il pense de poids, il me dit que les cadences infernales subies par les conducteurs doivent avoir des compensations, je lui demande ce qu'il entend par "cadences infernales", il m'explique que les contraintes horaires sont déstabilisatrices, que les gars travaillent trop dur, que la ligne c'est pénible - ce que je confirme mais pas physiquement, c'est plutôt du stress qui est effectivement pénible - puis d'autres exemples vaseux du genre. 

Alors je lui fais une réponse pour moi banale et qui découle de mes expériences précédentes, je lui dis, presque en rigolant, que depuis que je suis à la RATP j'ai l'impression d'être en vacances, j'ai cru qu'il allait me pulvériser, il m'a traité de connard fainéant qui ne connaissait rien au travail. Comme quoi la notion de travail n'a pas le même sens suivant l'entreprise dans laquelle on exerce et l'emploi qu'on occupe. 

Ce n'est bien entendu qu'une anecdote personnelle qui n'est pas généralisée, partant du principe de ce que j'ai écrit plus avant concernant l'embauche à la RATP et à une autre époque.

Je ne vais pas réécrire ce que j'ai mis en commentaire sur ma page d'il y a quelques jours "Faut le faire" en réponse à une correspondante anonyme - bas de page énormément vue.

Le problème, pour en revenir au sujet, c'est justement le microcosme de certains secteurs d'activité qui génère des conflits avec les autres secteurs, pour tartiner le tout nos gouvernants girouettes, qui changent souvent et souvent d'avis, sèment l'incompréhension et le doute en soufflant le chaud et le froid. 

La réforme des retraites est en fait un faux problème utilisé pour en faire un vrai, économiquement parlant les caisses de retraites, tous régimes confondus, ne sont pas déficitaires, elles servent juste de tirelires pour boucher des trous occultes officieux, à l'instar d'ailleurs de la sécurité sociale, là-dessus vient s'ajouter l'assistanat massif loin d'être justifiable en totalité, mais c'est encore un autre sujet. 

L'État français a créé des systèmes de solidarité qui ont totalement déraillés, les actuels gouvernants sont pris au piège et ne peuvent que fuir en avant en tentant de palier de façon très provisoire le déficit public généré en partie par la dérive de ces financements explosifs, l'assistanat a créé des tas d'assistés qui ne devraient pas l'être pour un pourcentage non négligeable, le cafouillage administratif ne suit plus et il devient même impossible pour les spécialistes de reconnaitre ce qui est bon de ce qui est mauvais, la solution ce serait, mais ça parait utopique, de supprimer la totalité de l'assistanat pour le reconstruire en repartant sur des bases plus saines, avec un délais de transition bien entendu pour ne pas pénaliser les vrais assistés qui en crèveraient.

Le système des retraites devrait être planifié et lissé de façon à ce que les plus pénalisés, c'est à dire les petits retraités du privé, soient bien mieux rémunérés d'une vie entière de travail en les alignant sur les régimes spéciaux qu'il n'est pas nécessaire d'éradiquer, juste les fondre dans un même système universel afin que chacun y trouve son compte solidairement à ceux qui ne le trouve pas actuellement.

Vastes problèmes et vastes débats en cours.

Les grèves annoncées je les comprends à condition que ça servent la totalité des salariés de France, et non pas une caste particulière qui ne travaille pas plus que les autres secteurs. 

Je suis très bien placé pour savoir que les retraités du secteur public bénéficient d'avantages et de complaisances que n'ont pas ceux du secteur privé. 

Maintenant il y a des problèmes sur la conduite des trains que ne connaissent pas les salariés du privé, de là effectivement il faut moduler, ne serait-ce que l'insécurité et la confrontation permanente avec une "faune" spécifiques à certaines heures, dangers importants, latents et récurants ; entre autres problèmes.

La suite dans quelques jours quand la situation aura été analysée par l'État, s'il l'analyse bien sûr. 

Ce que j'écris n'engage que moi, c'est la synthèse de plus de 50 ans d'activités dans des secteurs différents et nombreux.

Bonne soirée à tous.

 

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