Formatage citadin

Publié le par francois.ihuel15.over-blog.fr

 

C'est marrant tout de même, ces vacanciers qui viennent à la montagne ou à la campagne mais qui ne veulent pas déroger de leur formatage d'esprit.

 

Formatage citadin
Tout de même, ça me surprend

Mon "jardin" j'y laisse pousser les herbes diverses, c'est aussi de ce fait que ce sont aperçus des voisins que j'avais des fraises des bois en pagaille.

Je ne cesse de constater la maladie de la tonte et du débroussaillage, rares sont ceux qui ne sont pas infectés par cette maladie qui consiste à supprimer le moindre brin d'herbe dès qu'il dépasse de 3cm, pour avoir une belle pelouse semble-t-il.

C'est beau de l'herbe tondue ?

Comment savoir que peut-être beau ce qu'on empêche de se développer !

Mon petit bout de terrain est donc envahit par la végétation que je laisse pousser, l'humidité de la nuit est retenue par cette végétation de sol, les parcelles de mes voisins, tondues, (pas les voisins, les parcelles) sont cuites, desséchées, elles jaunissent rapidement de ne pas retenir l'humilité, résultat les insectes meurent rapidement, il ne peuvent non plus se développer parce qu'on détruit leur habitat, les oiseaux ont donc moins à manger et ne trouvent plus de fraîcheur dans les herbes hautes.

Sans compter le ronronnement des tondeuses, les gaz d"échappement nocifs qui en résulte et qui se déposent sur ces surfaces tondues, ce qui accélère leur destruction, les carburants qui goutent et les huiles qui suintent c'est vachement écologique alors que ce sont des voisins "écologiques" qui s'adonnent à ces pratiques.

C'est très écologique la tonte des pelouses, qu'elles soient privées ou publiques ?

Quand je vois les municipalités faire les "banquettes" des routes avec des engins de grande taille, ne faisant aucune différence entre les herbes des bords de route et les plantations diverses, raclant le sol à faire éjecter des cailloux qui font le bonheur des pare-brises, je me dis que les donneurs de leçons ne sont pas là où on les pense.

Donc on regarde mon terrain avec étonnement et on me regarde de travers, ce terrain envahit de diverses herbes et autres baies histoire de me faire comprendre que ce serait bien si j'achetais une tondeuse, de l'essence, de l'huile, que j'enfume mes voisins avec les gaz d'échappement et que je leur casse les couilles et les oreilles le dimanche puisque c'est justement ce jour précis et interdit que ronronnent les tondeuses et débroussailleuses.

Elle n'est pas belle la vie !
 
Ça c'est ce que j'ai écris le 26 Juin alors que tout autour ronronnent les tondeuses et arrosent à tout va pour faire repousser ce qu'ils viennent de couper.
 
Avant-hier.
 
 
Formatage citadin

Donc avant-hier.

En revenant du boulot.

La désolation de mon terrain, je ne suis que locataire bien entendu, sauf que le voisinage un peu spécial n'apprécie pas la nature, il faut la maitriser, la formater, la rendre acceptable aux yeux de ceux qui ne supportent pas voir un brin d'herbe dépasser, bref les emmerdeurs de l'été qui viennent pour beaucoup des villes bétonnées, asphaltées, ces radiateurs urbains qui se chargent de chaleur le jour pour la rendre la nuit, ce qui empêche ces citadins de dormir. 

Bien entendu ce ne sont que quelques citadins, pas tous et heureusement.

Donc, ces copropriétaires ont alerté le syndic que le terrain sur lequel je loue ma maison n'était pas rasé de près, ça leur perturbe le mental, petit mental mais il faut faire avec. 

J'ai donc appelé mon proprio pour connaitre des raisons qui ont fait qu'en mon absence quelqu'un est venu formater mon terrain pour le rendre admissible aux autres copropriétaires, la moindre des choses aurait été de venir me voir mais les couilles c'est pour les gens intelligents. 

Alors voilà, me voici, comme eux, entouré d'un désert jaunis d'un terrain qu'on a tondu à en raser les cailloux, parce que pour eux tondre ce n'est pas laisser un peu d'herbe, c'est voir la terre, celle qui se dessèche de n'avoir plus de couverture végétale, ce qui la rend infertile.

N'ayant pas de tondeuse ni débroussailleuse, refusant d'enfumer par des échappements motorisés, refusant de nuire bruyamment au voisinage, ce que ce dernier ne se gêne pas de faire surtout le dimanche, je me retrouve au milieu de guignols avides de confort visuel puisqu'il semble que ce ne soit que la seule vue de ces herbes de mon terrain qui les perturbent. 

Franchement, à quoi ça ressemble cette moquette jaunie sur laquelle plus rien ne vit.

Parce que dans mes herbes il y avait des insectes, beaucoup d'insectes, surtout des sauterelles et des tipules, c'est peut-être ça qui les effraie, cette sorte de gros moustique parfaitement inoffensif.

Mes petits enfants venaient y cueillir des fraises des bois sauvages qui pour une fois ont pu pousser et que le débroussailleur à rasées avec le reste.

Puis des lézards qui se nourrissent de sauterelles, puis les oiseaux qui se nourrissent d'insectes.

Depuis avant-hier, plus d'herbe, plus d'insecte, plus de lézard, plus d'oiseau en dehors des oiseaux rares que sont certains voisins satisfaits de plus entendre chanter les premiers ni voir bondir les sauterelles ni lézarder les lézards, ils peuvent boire leur apéro sur leur parterre jaunis sans voir un seul insecte venir troubler leur quiétude et leur breuvage alcoolisé qui les rend encore plus débiles qu'ils ne le sont déjà.

Il parait que c'est à cause des serpents, c'est vrai qu'ils sont malins les serpents, ils n'emmerdent les citadins que quand ils sont dans le terrain du voisin, ceux qui sont de l'autre côté, à flanc de montagne, ne traversent pas la route, ils respectent les citadins qui ont peur de tout y compris d'eux-même. Je n'ai pas vu de serpent dans mon terrain et puis ces animaux ont plus peur de nous que l'inverse, à juste titre d'ailleurs.

Pauvre de nous, déjà que les maires successifs de nos vallées bétonnent à tout va pour faire du fric, voici que ceux qui viennent du béton pour habiter dans ce nouveau béton d'altitude ne supportent pas la moindre étincelle de nature qu'ils sont pourtant venus chercher, ces cons. 

On est franchement mal barré avec une humanité pareille. 

Alors je vais me barrer dans quelques mois pour trouver une vraie campagne qui ressemble encore à la campagne, avec des bois, des fleurs, de l'herbe, des ronces, des animaux sauvages et des oiseaux.

Si ça existe encore. 

 

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